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Géopolitique

Trois ans après le 7 Octobre, les Israéliens entre douleur et peur de voir l’histoire se répéter

Courrier International · mis à jour il y a 29 j

Trois ans après les attaques du Hamas qui ont fait quelque 1 200 morts et conduit à l’enlèvement de 251 personnes, la presse israélienne donne largement la parole aux survivants, ex-otages et familles endeuillées. Derrière le retour apparent à la normale affleurent des traumatismes profonds, une colère intacte et, chez certains, une question lancinante : l’État saura-t-il les protéger si le scénario cauchemardesque devait se reproduire ?.

Trois ans après

Le 7 octobre 2026 marque le troisième anniversaire des attaques menées par le Hamas, un mouvement islamiste palestinien contrôlant la bande de Gaza, contre Israël. Ces attaques ont causé la mort d’environ 1 200 personnes et conduit à l’enlèvement de 251 individus, dont certains ont été libérés par la suite. À cette date, les Israéliens commémorent ces événements à travers des cérémonies officielles et des rassemblements privés. La presse israélienne, comme le quotidien Yediot Aharonot, donne la parole aux survivants, aux familles des victimes et aux anciens otages, mettant en lumière leur douleur persistante et leur colère envers les autorités, jugées responsables de ne pas avoir su prévenir ces attaques ou protéger la population.

Traumatismes profonds

Trois ans après les événements, les traumatismes restent vifs chez de nombreux Israéliens. Le quotidien Ha’Aretz a rencontré plusieurs familles dont des proches ont été enlevés et libérés après des mois de captivité, comme Omri Miran, retenu 738 jours avant d’être libéré. Ces personnes souffrent souvent de symptômes post-traumatiques, tels que des cauchemars, de l’anxiété ou des difficultés à se réinsérer dans la vie quotidienne. Certains ex-otages ou familles endeuillées réclament une reconnaissance officielle de leur souffrance ou une commission d’enquête pour comprendre les défaillances de l’État. Ces traumatismes sont décrits comme indélébiles, c’est-à-dire qu’ils marquent durablement les individus, même après le retour à une apparence de normalité.

Colère envers l'État

Les commémorations du 7 octobre 2026 ont été l’occasion pour de nombreuses familles de critiquer ouvertement les autorités israéliennes. Devant la Knesset, le parlement israélien, des proches de victimes ont exprimé leur frustration en déclarant ne pas avoir reçu d’excuses ou de reconnaissance officielle des échecs de l’État. Cette colère s’explique par le sentiment d’avoir été abandonnés ou mal protégés lors des attaques. Certains accusent les dirigeants de ne pas avoir tiré les leçons des événements pour éviter une répétition du scénario. Cette défiance envers les institutions est un thème récurrent dans les médias israéliens, qui soulignent l’écart entre les discours officiels et la réalité vécue par les citoyens.

Peur d'un nouveau drame

Au-delà des commémorations, une question obsède une partie de la population israélienne : l’État est-il capable d’éviter un nouveau drame similaire ? Trois ans après les attaques, le souvenir des 1 200 morts et des 251 enlèvements reste ancré dans les mémoires. Les Israéliens, en particulier ceux vivant près de la frontière avec Gaza, expriment une peur diffuse de voir l’histoire se répéter. Cette angoisse est alimentée par l’absence de solution politique au conflit israélo-palestinien et par les tensions persistantes dans la région. Les cérémonies du 7 octobre 2026 rappellent ainsi que, malgré le temps écoulé, la menace d’un nouveau conflit ou d’une nouvelle attaque n’a pas disparu.

Ce que ça pourrait changer

La presse israélienne joue un rôle central dans la transmission de la mémoire des événements du 7 octobre 2023. Des titres comme *Yediot Aharonot* ou *Ha’Aretz* publient des témoignages, des analyses et des reportages pour documenter les conséquences humaines de ces attaques. Ces articles mettent en lumière les parcours individuels des victimes et des survivants, tout en interrogeant les responsabilités politiques. Les médias israéliens servent ainsi de relais entre les institutions et la population, en donnant une voix aux familles endeuillées et en maintenant vivante la mémoire de ces événements. Leur travail reflète aussi les divisions au sein de la société israélienne sur la gestion de cette crise.

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