Le réalisateur et militant écologiste Marc de la Ménardière est mort
La communauté des acteurs du changement est en deuil, et même un peu sous le choc. Le réalisateur et militant écologiste Marc de la Ménardière est mort à l'âge de 44 ans, des suites d'un cancer, ont annoncé plusieurs de ses proches.
Marc de la Ménardière était un réalisateur et militant écologiste français décédé à l’âge de 44 ans des suites d’un cancer, selon les annonces faites par ses proches. Ancien cadre dirigeant chez Danone à New York, il a connu une rupture radicale dans sa vie à la fin des années 2000 après un accident et une prise de conscience profonde. Ce tournant l’a conduit à abandonner sa carrière professionnelle pour s’engager pleinement dans des causes environnementales et sociales. Son parcours illustre une transition personnelle marquée par un rejet du modèle économique traditionnel basé sur la croissance et l’exploitation des ressources naturelles.
Avec son ami d’enfance Nathanaël Coste, Marc de la Ménardière a réalisé le documentaire En quête de sens en 2015. Ce film retrace leur voyage autour du monde à la rencontre de penseurs, militants et acteurs du changement qui remettent en question le système économique dominant. Financé par près de 1 000 internautes via une campagne de financement participatif et auto-distribué, le documentaire a été projeté dans des festivals, des salles de petite, moyenne et grande taille. Il a attiré plus de 200 000 spectateurs et a joué un rôle clé dans la diffusion en France de concepts comme la transition intérieure et les changements de modes de vie. Ces notions désignent l’idée que les transformations écologiques passent autant par des actions collectives que par des évolutions personnelles et collectives des façons de penser et d’agir.
Après la sortie du film, Marc de la Ménardière s’est investi dans le mouvement Colibris, une organisation écologiste française fondée en 2007 par Pierre Rabhi. Il en est devenu l’un des porte-parole, contribuant à populariser les idées de sobriété heureuse, de permaculture et de résilience locale. Le mouvement Colibris milite pour une transition écologique et sociale en s’appuyant sur des initiatives citoyennes et des alternatives concrètes. Marc de la Ménardière a ainsi participé à la diffusion de ces idées auprès d’un public plus large, en s’appuyant sur son expérience et sa notoriété acquise grâce au film.
En collaboration avec sa compagne Malory Malmasson, Marc de la Ménardière a fondé La Kambrousse, un écolieu situé dans les Deux-Sèvres. Cet espace allie autonomie alimentaire, permaculture et réflexions sur les transformations écologiques et sociales. La permaculture est une méthode de conception de systèmes agricoles durables, inspirée des écosystèmes naturels, qui vise à produire de la nourriture tout en préservant les ressources. L’écolieu fonctionne comme un lieu de vie, d’expérimentation et de transmission, où sont mises en pratique des solutions concrètes pour réduire l’empreinte écologique et favoriser une vie en harmonie avec la nature.
Le parcours de Marc de la Ménardière a inspiré de nombreuses personnes ayant choisi de « bifurquer », c’est-à-dire de changer radicalement de mode de vie ou de carrière pour s’engager dans des voies plus écologiques et solidaires. Son travail a contribué à diffuser l’idée que les transformations écologiques ne passent pas uniquement par des changements structurels (comme des lois ou des politiques publiques), mais aussi par des évolutions des imaginaires et des façons d’habiter le monde. En associant réflexion et action, il a incarné une vision à la fois utopiste et pragmatique de l’écologie, montrant qu’il est possible de concilier engagement militant et vie quotidienne.

