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Généraliste

Gadi Eisenkot, ce militaire qui pourrait faire tomber Nétanyahou

Le Devoir · mis à jour il y a 17 j

Ce politicien neuf et discret est en train de créer la surprise dans une campagne législative déterminante..

Contexte électoral

Les élections législatives israéliennes auront lieu le 27 octobre 2026, dans un contexte de forte tension politique. Benjamin Nétanyahou, Premier ministre depuis 19 ans (avec des interruptions), est en difficulté face à une opposition unie derrière Gadi Eisenkot. Ce dernier dirige le parti Yashar! (signifiant droit ou intègre en hébreu), un mouvement politique récent qui progresse dans les sondages. Les élections sont présentées comme les plus importantes depuis la fondation de l’État d’Israël en 1948, selon Eisenkot. Les partis d’opposition, anti-Bibi (surnom de Nétanyahou), voient leur coalition menacée par la montée de Yashar!, qui devance désormais le Likoud, parti de Nétanyahou. Les sondages indiquent que 48 % des Israéliens feraient confiance à Eisenkot comme Premier ministre, contre 41 % pour Nétanyahou, un écart significatif dans un pays où les élections sont souvent serrées.

Profil de Gadi Eisenkot

Gadi Eisenkot, 66 ans, est un militaire de carrière ayant servi 40 ans dans l’armée israélienne (Tsahal), avant de se lancer en politique en 2022. Il a gravi les échelons jusqu’à devenir chef d’État-major de Tsahal de 2015 à 2019, une fonction stratégique équivalente à celle d’un général en chef. Originaire de Tibériade, dans le nord d’Israël, ses parents sont des juifs séfarades originaires du Maroc, ce qui lui confère une identité différente de l’élite progressiste de Tel-Aviv. Il incarne une diversité inédite pour un futur Premier ministre, étant le premier à avoir des origines nord-africaines pour ce poste. Son parcours militaire, marqué par son passage dans la brigade Golani (une unité d’élite), le rapproche des classes populaires israéliennes. Son image de militaire discret et intègre contraste avec le style plus clivant de Nétanyahou. En décembre 2023, il a perdu son fils, Gal Meir, mort au combat à Gaza, ce qui renforce sa légitimité dans un pays marqué par les conflits.

Stratégie politique d'Eisenkot

Gadi Eisenkot propose une ligne sécuritaire modérée, s’éloignant des dérives autoritaires de la coalition de Nétanyahou, qui inclut des partis d’extrême droite comme celui d’Itamar Ben Gvir (ministre de la Sécurité nationale). Il promet de ramener Israël sur la voie d’un État juif, démocratique, libéral et progressiste, tout en mettant fin à la violence et à l’insécurité. Son parti, Yashar!, se positionne comme une alternative crédible, avec un ancrage populaire et une promesse de modération dans la gestion du conflit israélo-palestinien. Eisenkot a quitté le cabinet de guerre de Nétanyahou en 2023, critiquant l’absence de stratégie dans la guerre contre le Hamas à Gaza. Il mise sur son image de militaire intègre et sur ses origines modestes pour séduire les électeurs, notamment dans les régions populaires. Son discours évite les excès verbaux, à l’inverse de Nétanyahou, et s’appuie sur une promesse de stabilité et de retour à des valeurs démocratiques.

Nétanyahou en difficulté

Benjamin Nétanyahou, 76 ans, est affaibli par trois années de guerre à Gaza, dont le bilan est jugé mitigé par les Israéliens. Son image est ternie par des politiques répressives envers les Palestiniens et une opposition internationale croissante. Malgré son expérience (19 ans au pouvoir, avec des interruptions), il est perçu comme un dirigeant diviseur, notamment après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Son frère, Yonatan, est mort au combat en 1976, ce qui a forgé son image de leader fort, mais son fils, Yair, a vécu la dernière guerre loin du front, aux États-Unis. Nétanyahou a déjà perdu des élections avant de revenir au pouvoir, un scénario que ses opposants rappellent pour tempérer l’optimisme autour de sa défaite. Son parti, le Likoud, est désormais devancé par Yashar! dans les intentions de vote, une première depuis des années.

Ce que ça pourrait changer

Malgré la progression d’Eisenkot, plusieurs défis persistent pour son parti. Les Israéliens gardent en mémoire les retournements électoraux de Nétanyahou, qui a su rebondir après des défaites. Par exemple, Avigdor Liberman, chef du parti *Yisrael Beytenu*, a accusé Eisenkot de vouloir former une coalition avec le Likoud, reproduisant les échecs de Benny Gantz en 2021 et 2023. Eisenkot a fermement rejeté cette idée, soulignant avoir déjà *perdu ce qu’il avait de plus cher* (son fils) et n’ayant pas besoin de signer un engagement écrit pour prouver sa détermination. Un autre risque est la fragmentation de l’opposition, qui pourrait affaiblir sa capacité à gouverner. Enfin, la guerre à Gaza et les tensions régionales restent des sujets sensibles, où toute erreur stratégique pourrait être exploitée par ses adversaires.

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