Ouverture d’ambassades : la normalisation entre Rabat et Tel-Aviv contestée au Maroc
Six ans après s’être accordés pour normaliser leurs relations, les gouvernements du Maroc et d’Israël ont pris la décision, mercredi 16 septembre, d’ouvrir des ambassades dans leurs pays respectifs. Une évolution qui consacre leur rapprochement mais s’avère peu populaire au Maroc, où les opposants entendent se mobiliser..
En septembre 2026, le Maroc et Israël ont annoncé leur décision d'élever leurs relations diplomatiques au rang d'ambassades, près de six ans après avoir normalisé leurs liens dans le cadre des accords d'Abraham. Signés en 2020 sous l'impulsion des États-Unis, ces accords visaient à établir des relations officielles entre Israël et plusieurs pays arabes, dont le Maroc. L'ouverture d'ambassades marque une étape supplémentaire dans ce processus, avec la nomination d'ambassadeurs dans chaque pays. Cette évolution s'accompagne d'accords prévus pour fin 2026, notamment sur la protection des investissements et la non double imposition, ainsi que d'un renforcement des liaisons aériennes et de visites bilatérales de haut niveau. Le Maroc et Israël ont officialisé cette décision lors d'une rencontre à New York, en présence de l'ambassadeur américain auprès de l'ONU, Mike Waltz, soulignant le rôle des États-Unis dans ce rapprochement.
L'annonce de l'ouverture d'ambassades a suscité une forte opposition au Maroc, où une partie de la population et des organisations politiques s'y opposent fermement. Des manifestations sont prévues les 25, 26 et 27 septembre 2026 pour protester contre cette normalisation, notamment parmi les groupes propalestiniens. Les opposants dénoncent une instrumentalisation du dossier du Sahara occidental, un territoire disputé que le Maroc considère comme une partie intégrante de son territoire. Cette contestation s'inscrit dans un contexte électoral, à quelques jours des élections législatives marocaines du 23 septembre 2026. Les manifestants estiment que cette normalisation avec Israël pourrait affaiblir la position du Maroc sur la question du Sahara occidental, un sujet sensible et central dans la politique étrangère marocaine.
Cette décision intervient à un moment politique crucial pour le Maroc, avec des élections législatives prévues le 23 septembre 2026. Le gouvernement marocain, dirigé par le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, semble privilégier le renforcement des relations avec Israël pour des raisons stratégiques et économiques. Cependant, cette orientation divise l'opinion publique, où une partie de la population et des partis politiques restent attachés à la cause palestinienne. La normalisation avec Israël est perçue par certains comme une trahison des valeurs panarabes ou une concession faite aux États-Unis. Les manifestations organisées visent donc à faire pression sur le gouvernement pour qu'il reconsidère sa position, dans un contexte où la question du Sahara occidental reste un enjeu majeur de la politique intérieure et extérieure du Maroc.

