Voici les résultats des élections en cartes et graphiques
La carte électorale est complètement changée. Survol des résultats, région par région..
Les élections québécoises de 2026 marquent un bouleversement politique majeur. La Coalition avenir Québec (CAQ), qui dominait l'Assemblée nationale avec 79 députés en 2022, est totalement absente du paysage politique après avoir obtenu moins de 10% des voix dans 44 circonscriptions. Le Parti québécois (PQ), presque disparu en 2022 avec seulement 3 sièges, revient en force avec 59 députés et forme un gouvernement minoritaire. Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, réalise une percée historique avec 19 sièges et 21% des voix, dépassant son objectif initial de 12 députés. Le Parti libéral du Québec (PLQ) progresse également, passant de 9 à 17 députés, tandis que Québec solidaire (QS) résiste avec 9 sièges malgré la perte de la circonscription de Maurice-Richard. Ces résultats illustrent un multipartisme renforcé, avec aucun parti dominant.
Les résultats révèlent une polarisation régionale marquée. Le PCQ s’impose dans le centre du Québec, notamment dans les régions de Chaudière-Appalaches et du Centre-du-Québec, où il remporte plus de 60% des voix dans des circonscriptions comme Beauce-Nord. Le PQ domine les régions périphériques, comme la Montérégie ou l’Outaouais, où il obtient son premier député depuis 50 ans. Montréal reste un bastion libéral à l’Ouest et solidaire au centre, tandis que le PQ ne conserve que deux circonscriptions montréalaises. La Capitale-Nationale, berceau historique de la CAQ, n’a aucun député péquiste, une première dans l’histoire du Québec. Cette fragmentation reflète des clivages politiques profonds entre les régions rurales et urbaines.
Le taux de participation s’élève à 66,89%, soit une légère hausse de moins d’un point par rapport à 2022. Environ 1,5% des bulletins de vote ont été rejetés. Le PQ remporte l’élection avec seulement 28% des voix, un niveau historiquement bas pour un parti au pouvoir, puisque depuis 1867, aucun gouvernement québécois n’a été élu avec moins de 30% des suffrages. Le PLQ obtient 25% des voix, le PCQ 21%, et QS 10%. Ces chiffres montrent une division record du vote, avec près de la moitié des électeurs ne soutenant ni le parti au pouvoir ni l’opposition officielle. Le PCQ dépasse son objectif initial de 12 députés, tandis que la CAQ, avec 500 000 voix, perd 1,18 million de votes par rapport à 2022.
Ces élections confirment la fin de l’ère caquiste, qui avait marqué l’histoire politique québécoise en 2018 et 2022 avec des majorités écrasantes. La CAQ, qui avait obtenu plus de 50% des voix dans 23 circonscriptions en 2018, voit son score s’effondrer à moins de 10% dans 44 circonscriptions en 2026. Le paysage politique québécois a évolué depuis 2008, passant d’un bipartisme PLQ-PQ à un multipartisme avec l’émergence de l’ADQ dans les années 2000, puis de la CAQ en 2018, de QS en 2012 et du PCQ en 2022. Cette diversification a transformé les dynamiques électorales, rendant les majorités plus difficiles à obtenir.
La dernière fois que cinq partis politiques québécois ont obtenu des sièges à l’Assemblée nationale remonte à 1976, avec le Ralliement créditiste et le Parti national populaire. Depuis, le nombre de partis compétitifs n’a cessé de croître, avec l’arrivée de l’ADQ, de la CAQ, de QS et du PCQ. En 2026, le PQ dirige le Québec avec un gouvernement minoritaire, une situation rare dans l’histoire provinciale. Le PLQ, bien que renforcé, reste loin de ses performances passées, comme en 2003 (76 députés) ou en 1973 (102 députés). Ces élections illustrent une fragmentation durable du vote, reflétant des clivages sociétaux et régionaux profonds.

