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Europe recycles just 12% of the materials it uses. Here’s how training can accelerate the transition to a circular economy

The Conversation France · mis à jour il y a 5 j

Since January 2024, ten organisations in four European countries have been working on the following question: If Europe is serious about circular economy , who is actually going to teach people how to run one? Become , short for Boosting Circular Economy Expertise through learning communities , is a project that was designed to do just this. Co-funded by Erasmus+ , it runs until mid-2027, bringing together four universities, two vocational colleges and four employers from across Finland, the Netherlands, Slovenia and Bulgaria.

Projet BECOME

Le projet BECOME (Boosting Circular Economy Expertise through learning communities) est une initiative européenne lancée en janvier 2024 pour répondre à un défi majeur : former les professionnels à l'économie circulaire. Cofinancé par le programme Erasmus+, il rassemble quatre universités, deux écoles professionnelles et quatre entreprises en Finlande, aux Pays-Bas, en Slovénie et en Bulgarie. L'objectif est de combler le manque de compétences dans ce domaine en développant des modules de formation adaptés. Un premier atelier de formation pour une trentaine d'enseignants a eu lieu à Bled (Slovénie) en mai 2025, suivi d'une session pour vingt praticiens d'entreprises en mars 2026. Des communautés d'apprentissage locales et des pôles circulaires sont également mis en place dans chaque pays participant.

Taux de recyclage faible

En 2024, seulement 12,2 % des matériaux utilisés dans l'Union européenne provenaient de sources recyclées, selon Eurostat. Le Plan d'action pour l'économie circulaire de 2020 visait à doubler ce taux d'ici 2030, mais l'objectif a été revu à la hausse dans le cadre du Clean Industrial Deal, passant à 24 %. Pourtant, l'Agence européenne pour l'environnement estime qu'il faudrait progresser de plus de 1,7 point de pourcentage par an pour atteindre cette cible. Entre 2010 et 2024, l'Europe n'a progressé que de 1,7 point en tout, ce qui illustre l'ampleur du retard accumulé. Le Circularity Gap Report 2026 révèle par ailleurs que 25 400 milliards d'euros de valeur économique sont perdus chaque année en raison d'une utilisation linéaire des matériaux, soit 1 euro sur 3 au niveau mondial.

Engagements des États

Vingt-sept pays de l'UE sur vingt-sept ont adopté une stratégie ou un plan d'action pour l'économie circulaire. Pourtant, la Cour des comptes européenne a conclu en 2023 que la transition restait « lente ». Dans les quatre pays du projet BECOME, les ambitions sont réelles, mais les résultats peinent à suivre. Par exemple, les Pays-Bas, leader européen en matériaux recyclés, visaient une réduction de 50 % de l'utilisation de nouvelles matières premières d'ici 2030, mais ont revu cet objectif à la baisse en 2025, le ramenant à une réduction de 15 % d'ici 2035. La Finlande, pionnière avec sa feuille de route nationale depuis 2016, peine à dépasser un taux d'utilisation de matériaux recyclés de 8,8 %, malgré une bonne gestion des déchets. La Slovénie, qui recycle 52,2 % de ses déchets municipaux (contre une moyenne de 43,3 % dans l'UE), affiche un taux d'utilisation de matériaux recyclés inférieur à la moyenne européenne. Enfin, la Bulgarie, dont seulement 17 % des déchets ménagers sont recyclés, prépare un système de consigne pour 2029.

Secteurs clés

Le secteur de la construction est le plus gros consommateur de matériaux en Europe. L'entreprise néerlandaise Heijmans utilise désormais 50 % de granulats recyclés dans ses projets en béton et a créé un marché pour les matériaux de construction réutilisables à l'aéroport de Schiphol. Pour les textiles, la collecte séparée est obligatoire dans l'UE depuis janvier 2025, mais le recyclage reste marginal. En Finlande, l'usine LSJH et Rester transforme les vêtements usagés en fibres, tandis qu'en Suède, l'usine Renewcell, malgré des contrats avec des marques majeures, a fait faillite en 2024 faute de commandes suffisantes. L'industrie automobile illustre aussi cette transition : Renault a transformé son usine de Flins en Refactory, un site dédié à la réparation, au reconditionnement et au recyclage des véhicules, avec un objectif de 2 milliards d'euros de revenus circulaires d'ici 2030. Cependant, l'entreprise a dû créer son propre centre de formation, faute de compétences disponibles sur le marché.

Obstacles persistants

Les obstacles à l'économie circulaire ne sont pas technologiques, mais organisationnels. Les entreprises se heurtent à des règles d'achat qui privilégient le prix le plus bas, à des indicateurs de performance qui mesurent les déchets évacués plutôt que la valeur conservée, et à des modèles économiques où la réutilisation est moins rentable à court terme. Trois questions clés se posent pour les dirigeants : qui peut autoriser l'utilisation de matériaux recyclés, même plus chers ? Comment les indicateurs financiers changeraient-ils si la valeur conservée était mesurée plutôt que les déchets évacués ? Où trouver les compétences nécessaires, alors qu'aucun pays européen ne dispose d'assez de professionnels formés ? Ces défis montrent que la transition vers une économie circulaire dépend moins de l'innovation technologique que de la formation des acteurs et de l'évolution des pratiques managériales.

Ce que ça pourrait changer

Pour accélérer la transition, le projet BECOME propose une approche en trois étapes. D'abord, identifier les compétences manquantes avant de concevoir une formation. Ensuite, former ensemble les enseignants et les praticiens en s'appuyant sur des problèmes réels plutôt que sur des études de cas théoriques. Enfin, cibler les décideurs intermédiaires, comme les acheteurs, les planificateurs de maintenance ou les responsables financiers, qui influencent directement l'adoption de pratiques circulaires. Les outils développés par BECOME, incluant des supports pédagogiques et des fiches pratiques pour les entreprises, seront publiés à l'automne 2026 sur le site du projet et accessibles gratuitement. L'objectif est de créer une base de compétences opérationnelles, sans partir de zéro, en s'appuyant sur des ressources existantes et adaptables.

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