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Les pertinentes originalités de l’Orchestre de l’Agora

Le Devoir · mis à jour il y a 29 j

Son «Récital des anges» sur des poèmes d’Émile Nelligan a donné un très convaincant concert hors des sentiers battus..

Concert et œuvres présentées

Le mardi 6 octobre 2026 à la salle Bourgie de Montréal, l’Orchestre de l’Agora, dirigé par Nicolas Ellis, a interprété un concert centré sur des œuvres à tonalité nocturne. Le programme comprenait Après avoir contemplé la lune de Sophie Lacaze, inspirée par cinq tableaux, dont La nuit étoilée de Van Gogh, ainsi que des extraits de la Suite bergamasque de Debussy, orchestrés par Lisa Heute pour un petit ensemble. La soirée s’est conclue par la Sinfonietta de Poulenc. Les œuvres étaient projetées en arrière-plan, permettant au public de visualiser les inspirations des compositeurs. L’Orchestre de l’Agora est une formation musicale québécoise reconnue pour son approche innovante et son engagement envers le répertoire contemporain et classique.

Originalité des orchestrations

L’une des particularités de ce concert résidait dans les orchestrations de la Suite bergamasque de Debussy, réalisées par Lisa Heute pour un petit ensemble. Cette version met en avant les instruments à vent, notamment les bois, offrant une réinterprétation moderne mais accessible du célèbre cycle pianistique. Cependant, certains morceaux comme le Passepied ont été critiqués pour une technique de composition jugée répétitive : les phrases pianistiques y sont systématiquement divisées entre deux groupes d’instruments aux sonorités distinctes, ce qui peut altérer la fluidité de l’exécution. Cette approche, bien que créative, a parfois lassé le public par son manque de subtilité.

Le Récital des anges

Le point d’orgue du concert était Le Récital des anges, un cycle de six mélodies composé par Ian Cusson sur des poèmes d’Émile Nelligan, orchestré en 2023. Ce cycle, interprété par la soprano Élisabeth St-Gelais, a été salué pour son éminence patrimoniale et sa capacité à capturer l’univers poétique de Nelligan. Les deux dernières mélodies, Banquet macabre et Communion pascale, ont été qualifiées de bijoux du cycle. La voix ample de St-Gelais a su rendre justice aux lignes vocales, bien que l’intelligibilité des textes ait parfois été mise à mal. Nicolas Ellis, directeur artistique de l’Orchestre de l’Agora, a souligné l’importance de cette œuvre dans le répertoire québécois.

Interprétation et direction

Nicolas Ellis, chef d’orchestre, a dirigé l’Orchestre de l’Agora avec une attention particulière aux contrastes, notamment dans la Sinfonietta de Poulenc. Cette œuvre, connue pour son mélange de moments quasi mystiques et d’accents canailles, a été exécutée avec panache par l’orchestre, mené par Julie Triquet. Ellis a su mettre en valeur la diversité des textures sonores et les dynamiques changeantes de Poulenc. La Sinfonietta a servi de conclusion parfaite au concert, confirmant la maîtrise de l’orchestre et de son chef dans l’interprétation d’œuvres exigeantes.

Ce que ça pourrait changer

À l’issue du concert, l’article suggère à Nicolas Ellis de poursuivre dans la voie des orchestrations de Debussy pour petit ensemble, en s’inspirant notamment du travail du compositeur danois Niels Rosing-Schow. Ce dernier a notamment retravaillé les *Préludes* pour piano de Debussy, offrant une nouvelle perspective sur ces œuvres. Cette recommandation s’inscrit dans une volonté de moderniser le répertoire classique tout en conservant son accessibilité. L’Orchestre de l’Agora, par son approche innovante, continue ainsi de jouer un rôle clé dans la diffusion de la musique contemporaine et classique au Québec.

Sujets complémentaires

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