Nétanyahou se montre combatif à la tribune de l’ONU et attaque ses détracteurs
Le dirigeant israélien a notamment profité de sa tribune pour s’en prendre au maire de New York..
Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou s'est exprimé à la tribune de l'Organisation des Nations unies (ONU) le 26 septembre 2024, dans un discours marqué par un ton offensif envers ses détracteurs. Il a notamment critiqué le maire de New York, Zohran Mamdani, un militant pro-palestinien, l'accusant de soutenir le Hamas, un mouvement islamiste palestinien classé comme organisation terroriste par plusieurs pays dont Israël et les États-Unis. Nétanyahou a aussi visé le président turc Recep Tayyip Erdogan, le qualifiant de tyran et de super-propagateur de mensonges antisémites. Ces attaques s'inscrivent dans un contexte de tensions accrues entre Israël et plusieurs pays, ainsi que dans une campagne électorale difficile pour Nétanyahou, qui brigue un nouveau mandat aux législatives israéliennes du 27 octobre 2024. Plusieurs délégations ont quitté la salle en signe de protestation pendant son discours.
Nétanyahou a réaffirmé son engagement à empêcher l'Iran, un pays dirigé par un régime qu'il qualifie de dictature meurtrière, de se doter d'armes nucléaires. Il a déclaré avoir travaillé conjointement avec les États-Unis pour bloquer les ambitions nucléaires iraniennes, une menace qu'il présente comme existentielle pour Israël et le monde entier. Selon lui, le régime iranien finira par tomber, bien que cette prédiction ne soit pas étayée par des preuves ou des analyses indépendantes. L'Iran est depuis des décennies au cœur de tensions internationales en raison de son programme nucléaire, que Téhéran affirme être à usage civil, mais que plusieurs pays suspectent de cacher des intentions militaires. Les négociations pour limiter ce programme ont échoué à plusieurs reprises, notamment après le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire de 2015 en 2018.
Les propos de Nétanyahou ont suscité des réactions immédiates. Le gouvernement turc a qualifié ses accusations de sans fondement, tout en soulignant que ces déclarations ne pouvaient faire oublier ses massacres, la catastrophe humanitaire à Gaza et les poursuites engagées en vertu du droit international. De son côté, Zohran Mamdani, maire de New York, a répondu que aucun mensonge de Nétanyahou ne changerait le fait que ce dernier reste sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour des accusations de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Mamdani avait précédemment déclaré vouloir arrêter Nétanyahou lors du sommet de l'ONU, bien qu'il ait reconnu ne pas avoir le pouvoir de le faire, la CPI n'étant pas compétente pour les chefs d'État en exercice. Des manifestations ont eu lieu à New York, avec des slogans comme Nétanyahou vous ne pouvez pas vous cacher, vous êtes recherché pour génocide, et plusieurs personnes, dont l'actrice Susan Sarandon, ont été interpellées.
Le discours de Nétanyahou intervient alors que les violences s'intensifient en Cisjordanie occupée, un territoire palestinien sous contrôle israélien depuis 1967. Depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, plus de 1 100 Palestiniens, civils et combattants, ont été tués par l'armée israélienne ou des colons, selon des données du ministère palestinien de la Santé et de l'Agence France-Presse (AFP). En réponse, près de 50 Israéliens, civils et membres des forces de sécurité, ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires. Nétanyahou a minimisé ces violences, les attribuant à une poignée de jeunes délinquants et évoquant environ 150 personnes impliquées dans des actes comme le lancer de pierres ou le vol d'oliviers. Ces chiffres contrastent avec les données officielles palestiniennes, qui reflètent une escalade des tensions et des représailles.
Nétanyahou a évoqué une guerre sur plusieurs fronts pour Israël, incluant Gaza, le Liban, la Syrie et l'Iran. Depuis octobre 2023, Israël est engagé dans un conflit armé avec le Hamas à Gaza, qui a entraîné une crise humanitaire majeure et des condamnations internationales. Parallèlement, les tensions avec le Hezbollah, un groupe armé libanais soutenu par l'Iran, se sont aggravées, avec des échanges de tirs réguliers à la frontière israélo-libanaise. La situation en Syrie, où Israël mène des frappes aériennes contre des positions iraniennes, reste également tendue. Sur le plan diplomatique, plusieurs dirigeants étrangers, dont le président français Emmanuel Macron, ont critiqué la politique israélienne lors de l'Assemblée générale de l'ONU. Le président palestinien Mahmoud Abbas, empêché de se rendre aux États-Unis en raison d'un refus de visa, a dénoncé des *mesures punitives sans fondement légal* et accusé Israël de menacer l'existence même du peuple palestinien.

