Rouvrir la loi sur les hydrocarbures? « Pas question » pour l’instant
Certains candidats s'en remettent aux Québécois pour juger de l'acceptabilité sociale de ces projets..
En 2022, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), dirigé par François Legault, a adopté une loi interdisant l'exploration, la production et le stockage d'hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) au Québec. Cette loi, toujours en vigueur en septembre 2026, vise à protéger l'environnement et à éviter tout projet lié aux énergies fossiles sur le territoire québécois. Elle ne concerne pas le transport de ces ressources à travers la province, ce qui signifie que des infrastructures comme les gazoducs peuvent encore être discutées. La ministre sortante de l'Environnement, Pascale Déry, a réaffirmé en septembre 2026 que le gouvernement actuel n'avait pas l'intention de rouvrir cette loi pour l'instant, malgré des débats sur la dépendance énergétique du Québec envers les États-Unis.
Lors d'un débat électoral en septembre 2026, les principaux partis politiques québécois ont exprimé leur position sur la loi de 2022. La CAQ, représentée par sa cheffe Christine Fréchette, maintient qu'elle n'agira pas sans l'acceptabilité sociale des Québécois, tout en laissant la porte entrouverte à une réévaluation future. Le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ) s'opposent clairement à toute révision de la loi, avec des nuances : le PQ critique les projets comme le gazoduc Marinvest (qui vise à exporter du gaz naturel liquéfié depuis Baie-Comeau), tout en restant ouvert à l'analyse de projets énergétiques au cas par cas. Québec solidaire (QS), lui, rejette en bloc toute possibilité de toucher à la loi et défend une sortie totale des énergies fossiles. Le Parti conservateur du Québec (PQC), absent du débat, est le seul à proposer de relancer l'exploitation du gaz de schiste le long du fleuve Saint-Laurent, qualifiant la loi de 2022 de trop radicale.
Le projet Marinvest, porté par une entreprise norvégienne, prévoit de construire un gazoduc pour transporter du gaz naturel de l'Ouest canadien vers Baie-Comeau, où il serait liquéfié avant d'être exporté vers l'Europe. Bien que le PQ ait initialement soutenu une motion de QS pour s'y opposer en février 2026, il a ensuite précisé qu'il analyserait le projet au cas par cas, en exigeant que les bénéfices économiques l'emportent clairement sur les risques environnementaux. Ce projet soulève des critiques, notamment de la part de QS et d'organisations citoyennes, qui dénoncent une augmentation des émissions de gaz à effet de serre et une contradiction avec les objectifs climatiques du Québec. Le projet n'a pas encore été officiellement déposé, mais il cristallise les tensions entre développement économique et transition énergétique.
Un autre sujet de controverse concerne le développement de l'énergie éolienne au Québec. Des projets récents en Montérégie ont été bloqués par des avis défavorables, compromettant les plans d'Hydro-Québec. Face à ces rejets et aux inquiétudes des citoyens, des voix demandent la tenue d'un Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) générique pour évaluer l'ensemble de la filière éolienne. QS soutient cette idée, tandis que le PQ et le PLQ préfèrent des consultations locales au cas par cas. Pascale Déry, ministre sortante de l'Environnement, reconnaît l'importance de l'acceptabilité sociale mais n'a pas plaidé pour un BAPE généralisé. L'Union des producteurs agricoles s'oppose quant à elle à l'installation d'éoliennes sur des terres fertiles, ajoutant une couche de complexité au débat.
Le Québec importe une grande partie de son gaz naturel des États-Unis, ce qui pose des questions sur sa dépendance énergétique et ses émissions de gaz à effet de serre. La loi de 2022 sur les hydrocarbures s'inscrit dans une stratégie plus large de réduction des énergies fossiles, mais elle ne couvre pas le transport ou l'exportation de ces ressources. Les débats actuels reflètent les tensions entre la nécessité de décarboner l'économie et les enjeux géopolitiques ou économiques, comme les relations avec les États-Unis ou la recherche d'alternatives énergétiques. Les positions des partis politiques montrent une division claire : certains prônent une transition rapide vers les énergies renouvelables, tandis que d'autres, comme le PQC, défendent un retour partiel aux hydrocarbures pour des raisons économiques.

