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Géopolitique

Défiée par les houthistes, “comment l’Arabie saoudite va-t-elle réagir ?”

Courrier International · mis à jour il y a 4 j

Touché samedi 10 octobre à l’aéroport de Riyad par “la frappe la plus meurtrière dans un État du Golfe depuis le début de la guerre en Iran”, attribuée aux rebelles yéménites, le royaume se retrouve dans une position délicate. Car en s’attaquant à une infrastructure majeure sur le plan économique, la milice pro-iranienne a démontré son pouvoir de nuisance et sa capacité à exploiter les faiblesses de l’Arabie saoudite..

Attaque meurtrière à Riyad

Samedi 10 octobre 2026, l’aéroport international de Riyad, capitale de l’Arabie saoudite, a été frappé par une attaque attribuée aux rebelles yéménites houthistes. Cette frappe a causé la mort de douze personnes et fait 309 blessés, ce qui en fait la plus meurtrière dans un État du Golfe depuis le début de la guerre en Iran selon la BBC. Les houthistes, une milice pro-iranienne active au Yémen, n’ont pas revendiqué directement l’attaque mais ont menacé les compagnies aériennes et les voyageurs en les dissuadant de fréquenter les aéroports saoudiens. Leur porte-parole militaire, Yahya Saree, a précisé que les aéroports de La Mecque et de Médine, villes saintes de l’islam, étaient exclus de cette menace.

Contexte géopolitique tendu

Cette attaque survient dans un contexte régional déjà très tendu. Depuis septembre 2026, les houthistes ont mené une offensive éclair dans l’ouest du Yémen, étendant leur contrôle sur toute la côte bordant le détroit de Bab El-Mandeb. Ce détroit, situé entre la péninsule arabique et l’Afrique, est un passage stratégique pour le transport maritime mondial, notamment pour les hydrocarbures. Les houthistes menacent désormais de perturber le trafic dans cette zone, d’autant plus que l’Iran, allié des houthistes, a restreint la circulation dans le détroit d’Ormuz, un autre point clé pour le commerce maritime. L’Arabie saoudite, voisine du Yémen, est directement concernée par cette escalade.

Réactions internationales

L’attaque a provoqué un tollé international, avec des condamnations de la part de nombreux pays et organisations. L’Inde, l’Union européenne (via sa présidente Ursula von der Leyen), la Ligue arabe, le Pakistan et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres ont tous réagi. Aux États-Unis, le président Donald Trump a qualifié l’attaque d’inacceptable et a annoncé qu’il déciderait rapidement si les États-Unis rejoindraient les frappes saoudiennes contre les houthistes. Parmi les victimes, une personne était de nationalité américaine. La coalition militaire menée par l’Arabie saoudite a dénoncé un crime de guerre et promis une réponse ferme.

Menace sur l’économie saoudienne

Les houthistes ciblent délibérément des infrastructures économiques saoudiennes pour fragiliser le royaume. L’attaque de l’aéroport de Riyad illustre cette stratégie : malgré la puissance de l’armée de l’air saoudienne, considérée comme l’une des plus puissantes du Moyen-Orient, les défenses antiaériennes ont été percées. Les houthistes ont ainsi démontré leur capacité à frapper des cibles civiles et économiques, provoquant des fermetures d’aéroports et des annulations de vols. Cette approche rappelle celle de l’Iran, qui a déjà ciblé des bases américaines dans la région. Pour l’Arabie saoudite, cette menace représente un défi majeur, car elle touche directement son économie et la vie quotidienne de ses citoyens.

Ce que ça pourrait changer

Le conflit au Yémen, qui dure depuis 2015, s’inscrit désormais dans une *confrontation régionale plus large* impliquant l’Iran. Toute réponse militaire saoudienne contre les houthistes pourrait aggraver les tensions et augmenter les risques pour le royaume. Le week-end précédant l’attaque, l’Arabie saoudite avait déjà lancé une nouvelle campagne de bombardements contre les houthistes, s’engageant davantage dans ce conflit. Cette escalade place le prince héritier Mohammed ben Salmane face à un dilemme : mettre fin aux attaques des houthistes tout en évitant une guerre prolongée qui pourrait nuire à l’économie saoudienne, déjà fragilisée. Le *New York Times* souligne que cette situation expose le royaume à des risques économiques et sécuritaires majeurs.

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