La DPB revoit à la baisse ses prévisions économiques pour 2026 et 2027
Le contexte est marqué par les nouveaux droits de douane américains et les mesures de rétorsion canadiennes..
Le Bureau de la directrice parlementaire du budget (BDPB), un organisme fédéral canadien chargé d'analyser les finances publiques, a revu à la baisse ses prévisions de croissance économique pour le Canada. Pour l'année 2026, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel, qui mesure la valeur totale des biens et services produits dans le pays, est désormais estimée à 0,9 %, contre 1,1 % prévu en juin. Pour 2027, la croissance est estimée à 1,5 %, contre 1,6 % précédemment. Annette Ryan, directrice parlementaire du budget, a expliqué que ces ajustements reflètent un contexte économique plus difficile que prévu, notamment en raison des tensions commerciales avec les États-Unis. Le PIB réel correspond à l'évolution de la production économique en tenant compte de l'inflation, ce qui permet d'évaluer la santé réelle de l'économie.
Les nouvelles prévisions du BDPB s'inscrivent dans un contexte marqué par l'échec des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis fin août 2026. Cette situation a conduit à l'instauration de nouveaux droits de douane américains, c'est-à-dire des taxes imposées sur les importations en provenance du Canada. En réponse, le Canada a mis en place des mesures de rétorsion, des contre-mesures douanières visant à protéger ses propres intérêts économiques. Ces tensions commerciales freinent la croissance de la production réelle au Canada, c'est-à-dire la capacité du pays à produire davantage de biens et services. Les échanges entre les deux pays, qui représentent une part importante du commerce international canadien, sont directement affectés par ces mesures.
Le BDPB anticipe désormais un déficit budgétaire de 63,3 milliards de dollars pour l'exercice 2026-2027, qui correspond à la période allant du 1er avril 2026 au 31 mars 2027. Ce déficit devrait atteindre un pic de 70,2 milliards de dollars en 2027-2028. Par rapport aux prévisions de juin, ces déficits sont en moyenne supérieurs de 3 milliards de dollars par an entre 2026-2027 et 2030-2031. Cette hausse s'explique par l'augmentation des dépenses publiques, qui compense largement la progression des recettes fiscales. Un déficit budgétaire signifie que les dépenses de l'État dépassent ses revenus, ce qui peut entraîner une augmentation de la dette publique.
Le BDPB souligne que le ratio de la dette au PIB, qui mesure la dette publique par rapport à la richesse produite par le pays, augmentera de manière constante au cours des cinq prochaines années. Ce ratio est un indicateur clé de la santé financière d'un pays, car il permet d'évaluer la capacité de l'État à rembourser sa dette. Annette Ryan a précisé que les perspectives économiques à long terme du Canada dépendront largement de l'efficacité des investissements publics dans les infrastructures, appelés budget d'immobilisations. Ces investissements pourraient stimuler la productivité, c'est-à-dire l'efficacité avec laquelle les ressources sont utilisées pour produire des biens et services, et ainsi favoriser la croissance économique et la prospérité.
Le BDPB prévoit que la Banque du Canada, la banque centrale du pays, commencera à relever son taux directeur début 2027 afin de maintenir les attentes d'inflation bien ancrées. Le taux directeur est le taux d'intérêt que la Banque du Canada applique aux banques commerciales pour leurs emprunts. En le relevant, la Banque cherche à contrôler l'inflation, qui correspond à la hausse générale des prix des biens et services. Le BDPB s'attend à ce que l'inflation annuelle reste élevée en 2026, avec une moyenne de 2,8 %, en raison notamment de la hausse des prix de l'énergie. En 2027, l'inflation devrait redescendre à 2,4 %. L'objectif de la Banque du Canada est de maintenir l'inflation autour de 2 %, un niveau considéré comme sain pour l'économie.

