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Produits canadiens interdits d’importation aux États-Unis : quel effet sur notre économie?

ICI Radio-Canada · mis à jour 27 sept.

Le nombre de produits visés ne serait pas suffisant pour perturber l’économie nationale, selon des experts..

Contexte conflit commercial

Les États-Unis ont annoncé l'interdiction d'importer certains produits canadiens à partir du 29 septembre 2026, marquant une nouvelle escalade dans un conflit commercial déjà tendu entre les deux pays. Cette décision s'inscrit dans une série de mesures protectionnistes prises par l'administration américaine, visant notamment à dissuader le Canada de riposter contre les droits de douane imposés par Washington. Selon des experts comme Derek Holt, vice-président de la Banque Scotia, l'impact économique réel de ces restrictions serait limité, car les produits concernés représentent des volumes d'exportation modestes pour le Canada. L'objectif principal de ces interdictions serait davantage politique, pour afficher une fermeté envers le Canada et éviter d'autres représailles commerciales. Barry Appleton, codirecteur du Centre de droit international de la New York Law School, souligne que ces interdictions sont difficiles à lever une fois mises en place, contrairement à des droits de douane qui peuvent être négociés.

Produits alcoolisés touchés

L'interdiction américaine concerne la plupart des produits alcoolisés canadiens, incluant la bière, le vin, le whisky, le bourbon, le rhum, la vodka, le vermouth, la tequila, le mezcal et le brandy. Ces produits représentent environ 1,2 milliard de dollars d'exportations canadiennes vers les États-Unis en 2025, soit la moitié des 2 milliards de dollars de spiritueux produits annuellement au Canada. Cal Bricker, PDG de Spirits Canada, indique que les producteurs subissent déjà les effets des droits de douane américains (jusqu'à 50%), rendant l'accès au marché très difficile. Matt Johnston, de la brasserie Collective Arts en Ontario, confirme que ces droits équivalent presque à un moratoire. Le président américain justifie ces mesures par un prétendu traitement discriminatoire du Canada envers les exportations américaines, comme le retrait de l'alcool américain des étalages dans certaines provinces canadiennes en février 2025, une mesure partiellement levée trois mois plus tard.

Sous-produits laitiers interdits

Les interdictions ciblent principalement le lactosérum, un sous-produit de la fabrication du fromage utilisé pour enrichir des produits comme les poudres protéinées. Bien que le Canada exporte environ 73 millions de dollars de lactosérum vers les États-Unis chaque année, dont près de la moitié en provenance du Canada, seuls huit types spécifiques de lactosérum seront interdits. Jim McMahon, PDG de Fit Foods LP en Colombie-Britannique, estime que les perturbations commerciales récentes ont déjà causé plus de tort que cette interdiction. Dan Crosby, PDG de BioSteel Sports Nutrition en Ontario, confirme les difficultés, notamment en raison de la forte demande en protéines qui a déjà provoqué des pénuries et une hausse des prix. Les entreprises concernées craignent des conséquences désastreuses si aucun allègement tarifaire n'est accordé.

Mélasse et sucre

L'interdiction inclut également les produits à base de mélasse, comme la mélasse invertie et la mélasse de canne. Cette décision fait suite à des pressions des producteurs américains de sucre, qui accusent les raffineries canadiennes d'importer des mélanges de sucre brut, de mélasse et d'eau en les faisant passer pour de la mélasse pure afin d'éviter les droits de douane et les quotas. Ces pratiques, selon les producteurs américains, créeraient un désavantage commercial pour eux. La mélasse est un sirop épais et sucré, sous-produit du raffinage du sucre, utilisé dans l'alimentation, les boissons et l'industrie.

Impact sur les motos

Le Canada n'a exporté que 5 092 motos vers les États-Unis en 2025, un chiffre modeste, mais l'interdiction frappe particulièrement le Québec, où Bombardier Produits récréatifs (BRP) fabrique des motoneiges Ski-Doo et des véhicules à trois roues Can-Am. Deux modèles, le Can-Am Spyder et le Canyon, assemblés au Québec, seront interdits à l'importation américaine à partir du 29 septembre 2026. BRP a indiqué que l'impact financier se fera surtout sentir au printemps 2027, car la majorité des expéditions pour la saison en cours sont déjà réalisées. L'entreprise, basée à Valcourt, ne précise pas l'ampleur des pertes financières attendues, mais souligne que les répercussions seront limitées pour l'exercice 2027.

Ce que ça pourrait changer

Donald Trump a également décidé d'exclure les entreprises canadiennes du programme *Multiple Award Schedule* (MAS), un système permettant aux agences fédérales américaines d'acheter des produits et services auprès de fournisseurs préapprouvés. Selon une analyse de CBC, seulement 58 entreprises canadiennes ont obtenu des contrats dans ce cadre pour l'exercice 2024-2025, pour une valeur totale de 57,3 millions de dollars américains, sur un programme global de 50,6 milliards de dollars. L'impact de cette exclusion est donc jugé limité, car les contrats canadiens représentent une infime partie du volume total du programme MAS.

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