Face au “défi planétaire” des canicules, une tribune conjointe des maires de Paris, Milan et Phoenix
Dans une tribune publiée par le quotidien britannique “The Guardian”, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, évoque avec ses homologues de Milan et de Phoenix, Giuseppe Sala et Kate Gallego, la difficile protection des populations face aux chaleurs extrêmes, qui ne sont plus une simple exception. Ils rappellent qu’il est important pour les villes de s’inspirer des succès des autres..
Le 7 septembre 2026, une tribune conjointe est publiée dans le quotidien britannique The Guardian par trois maires : Emmanuel Grégoire (Paris), Giuseppe Sala (Milan) et Kate Gallego (Phoenix). Ces élus soulignent un défi commun : l'augmentation des canicules, désormais considérées comme un phénomène récurrent et non plus exceptionnel. Ils rappellent que l'Europe a enregistré plus de 14 000 décès liés aux vagues de chaleur en juin 2026, illustrant l'urgence d'agir. Leur texte met en avant l'importance de la coopération entre villes pour partager des solutions, en s'inspirant des bonnes pratiques de chacune. Ils insistent sur la nécessité d'agir rapidement, car les délais pour adapter les infrastructures urbaines sont longs.
Phoenix, capitale de l'Arizona aux États-Unis, est citée comme un exemple à suivre pour sa gestion des canicules. Cette ville désertique a mis en place depuis plusieurs décennies une approche globale face aux chaleurs extrêmes. Elle dispose notamment d'une direction municipale dédiée aux mesures contre la chaleur, une structure rare qui combine deux axes principaux : l'assistance immédiate aux populations vulnérables lors des pics de chaleur et des solutions structurelles à long terme. Parmi ces dernières, on trouve des normes de construction pour des bâtiments résistants à la chaleur, ainsi que des infrastructures de refroidissement. Les trois maires soulignent que cette expérience, bien que paradoxale pour des villes européennes historiques comme Paris ou Milan, offre des pistes concrètes pour adapter les villes aux nouvelles réalités climatiques.
Paris et Milan, deux villes européennes aux architectures anciennes, prennent des mesures pour faire face aux canicules. La mairie de Paris a créé 1 400 îlots de fraîcheur, des espaces publics ou privés aménagés pour offrir un répit aux habitants lors des vagues de chaleur. Selon la mairie, chaque Parisien se trouve à moins de sept minutes à pied d'un de ces îlots. Milan, inspirée par Paris et Barcelone, prévoit d'augmenter leur nombre en plantant davantage d'arbres dans la ville. Ces initiatives visent à atténuer l'effet d'îlot de chaleur urbain, un phénomène où les zones densément bâties retiennent la chaleur et deviennent plus chaudes que les zones rurales environnantes. Cependant, les maires rappellent que chaque ville doit adapter ces solutions à son contexte local, car les contraintes géographiques, historiques et politiques diffèrent.
Les trois maires qualifient les canicules de *défi planétaire*, soulignant que ce problème dépasse les frontières nationales. Ils estiment que les villes ne peuvent plus se permettre de réfléchir isolément aux solutions, car le temps manque pour agir efficacement. Leur tribune insiste sur la nécessité de mutualiser les connaissances et les innovations, comme cela a toujours été fait pour d'autres enjeux urbains (transports, logement, santé publique). Ils rappellent que les canicules ne sont plus un phénomène ponctuel, mais une tendance de fond liée au changement climatique, ce qui rend leur gestion encore plus complexe. Leur appel vise à mobiliser les acteurs locaux et internationaux pour une réponse coordonnée.

