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120 graffitis vieux de 1 800 ans gravés par des femmes : l'incroyable découverte dans une grotte en Espagne

Science & Vie · mis à jour 8 août

Les Romains couvraient de graffitis les murs de leurs villes. On les imaginait moins volontiers descendre prier dans le noir, loin de la lumière du jour.

Découverte archéologique majeure

Une équipe d'archéologues a mis au jour 120 graffitis gravés il y a environ 1 800 ans dans une grotte située près de Valence, en Espagne. Ces inscriptions, réalisées en latin (la langue de l'Empire romain), datent donc du IIIᵉ siècle après J.-C. Leur localisation, au fond d'une grotte sombre, contraste avec les habitudes romaines connues, où les graffitis étaient généralement apposés sur des murs en plein jour, dans des lieux publics comme les forums ou les thermes. Cette découverte suggère que les Romains utilisaient aussi des espaces souterrains pour des activités religieuses ou sociales, loin de l'agitation urbaine.

Contexte historique romain

À l'époque de ces graffitis, l'Empire romain était à son apogée territoriale mais traversait des crises politiques et sociales. Les Romains avaient l'habitude de laisser des messages ou des marques sur les murs, une pratique appelée graffiti (mot d'origine italienne signifiant « griffonnage »). Ces inscriptions pouvaient servir à exprimer des idées, des prières ou des revendications. Cependant, les graffitis découverts dans cette grotte diffèrent des exemples urbains classiques, car ils semblent liés à une pratique religieuse ou mystique, ce qui en fait un cas unique dans l'archéologie romaine.

Une déesse mystérieuse

Les graffitis de la grotte de Valence sont principalement des messages adressés à une déesse dont l'identité reste inconnue. Les chercheurs pensent qu'il pourrait s'agir d'une divinité locale ou d'une figure féminine associée à des cultes souterrains ou chthoniens (liés à la terre ou aux enfers). Ces inscriptions révèlent une dimension spirituelle inattendue chez les Romains, souvent perçus comme pragmatiques. L'étude de ces textes pourrait éclairer les croyances religieuses de l'époque, notamment celles des femmes, qui semblent avoir joué un rôle actif dans ces pratiques.

Rôle des femmes dans l'Antiquité

Parmi les 120 graffitis, certains portent des noms féminins, suggérant que des femmes ont participé activement à leur réalisation. Cette découverte est remarquable car elle remet en question l'image traditionnelle des femmes romaines, souvent cantonnées à un rôle domestique dans les sources historiques écrites. Les inscriptions pourraient indiquer que les femmes avaient accès à des espaces sacrés ou participaient à des rituels religieux, un domaine généralement dominé par les hommes dans les récits antiques. Ces graffitis offrent ainsi un éclairage nouveau sur la place des femmes dans la société romaine.

Méthodes d'analyse des inscriptions

Pour étudier ces graffitis, les archéologues utilisent des techniques de photogrammétrie (technique de mesure et de modélisation en 3D à partir de photographies) et d'imagerie multispectrale (qui permet de révéler des inscriptions effacées ou cachées). Ces méthodes permettent de reconstituer les textes latins gravés dans la pierre, souvent difficiles à lire en raison de l'érosion ou de l'obscurité de la grotte. Les chercheurs comparent ensuite ces inscriptions avec d'autres textes antiques pour en comprendre le sens et le contexte. Cette approche combine archéologie, linguistique et science des matériaux.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte modifie la perception des pratiques religieuses et sociales des Romains. Elle montre que les espaces souterrains n'étaient pas seulement des lieux de stockage ou de refuge, mais aussi des sites de dévotion ou de communication avec le divin. De plus, la présence de graffitis féminins suggère que les femmes avaient une agency (capacité à agir et à influencer leur environnement) plus grande qu'on ne le pensait. Ces inscriptions pourraient également révéler des aspects méconnus des cultes locaux, souvent éclipsés par les dieux majeurs comme Jupiter ou Minerve dans les récits traditionnels.

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