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Généraliste

Dans l’univers de Michel Rabagliati

Le Devoir · mis à jour il y a 9 j

Le feuilleton de Jean-Christophe Réhel..

Rencontre avec Michel Rabagliati

L'article décrit une rencontre entre un journaliste et Michel Rabagliati, auteur de bandes dessinées québécois connu pour sa série Paul. Le journaliste, initialement gêné de solliciter l'auteur pour parler de son travail, est rapidement mis à l'aise par l'accueil chaleureux de Rabagliati. Cette scène illustre la tension entre la solitude du créateur et l'intérêt du public pour son processus de création. Rabagliati, qui a commencé la bande dessinée à 38 ans en 1979, utilise principalement un pinceau Winsor & Newton numéro 3 pour dessiner les contours de ses planches, puis finit les détails à la plume. Il explique sa méthode avec précision, soulignant l'importance des pleins et déliés que permet cet outil. Le journaliste note que Rabagliati semble à la fois modeste et conscient de la valeur de son travail, notamment pour sa représentation du patrimoine bâti, reconnue par un prix de l'Association des architectes en pratique privée.

La série Paul et son évolution

La série Paul suit un personnage éponyme à travers différents moments de sa vie, reflétant souvent les expériences personnelles de Rabagliati. Le premier album, Paul a un travail d'été, publié en 1999, marque le début de cette série semi-autobiographique. Les albums suivants, comme Paul à Québec (2009) ou Paul dans le Nord (2015), explorent des thèmes comme la séparation, la solitude ou la dépression. Rabagliati a d'abord envisagé Paul à la maison comme un livre sombre, avec des fonds noirs, mais le processus de création l'a progressivement orienté vers une approche plus nuancée. Il explique que dessiner oblige à chercher de la lumière, même pour représenter des émotions difficiles. La série, initialement conçue comme un projet personnel modeste, est devenue une œuvre majeure de la bande dessinée québécoise, avec des albums publiés environ tous les deux ans.

Techniques et inspirations artistiques

Rabagliati puise son inspiration dans des détails du quotidien : les arbres, les motels défraîchis, les enseignes urbaines ou les partitions de musique classique, notamment celles de Bach, qu'il analyse en profondeur pour comprendre comment la musique raconte des histoires. Il utilise des outils traditionnels comme le pinceau Winsor & Newton numéro 3, acquis lors de ses études en graphisme, et une plume pour les finitions. Ses dessins mêlent réalisme et poésie, comme en témoignent ses représentations des pins, qu'il décrit comme de « petits poèmes ». Rabagliati est également un observateur attentif de l'architecture, dessinant aussi bien des bâtiments historiques que des constructions banales, qu'il qualifie de « laid ». Il se considère comme un archiviste involontaire, documentant des éléments du patrimoine québécois à travers ses œuvres.

Vie personnelle et défis créatifs

Rabagliati évoque les défis physiques et mentaux liés à la création, comme les douleurs aux bras qui l'ont poussé à intégrer davantage de texte dans ses derniers albums, réduisant ainsi la charge de dessin. Il décrit les tournées de promotion comme un « marathon » épuisant, après lequel il envisage parfois d'arrêter la bande dessinée, avant de reprendre son travail. Malgré ces moments de doute, il continue de dessiner et de chanter dans une chorale, trouvant un équilibre entre routine et nouveauté. Il mentionne aussi son attachement à des habitudes simples, comme manger des croque-monsieur dans un restaurant près de chez lui, où il est reconnu comme une « vedette ». Son dernier album, Y a d'la joie, reflète son envie de dessiner la ville, marquant un tournant par rapport à ses précédents travaux centrés sur la nature.

Ce que ça pourrait changer

Rabagliati se définit comme un observateur attentif, dessinant ce qu'il connaît : les paysages, les objets du quotidien ou les émotions universelles. Il rejette l'idée d'écrire une œuvre entièrement fictive, préférant des récits plausibles et ancrés dans le réel. Pour lui, la création est un processus lent et méthodique, où chaque détail compte. Il compare les compositeurs comme Bach à des romanciers, capables de manipuler l'auditeur ou le lecteur. Malgré les difficultés, il trouve de la joie dans les petites choses, comme les arbres ou les partitions musicales. L'article se termine sur une projection humoristique et mélancolique de Rabagliati et du journaliste, imaginant leur vieillesse dans un hospice, où ils continueraient à discuter de musique, de dessin et de souvenirs oubliés, mais pas nécessairement les moins importants.

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