Pourquoi certaines personnes présentent-elles des effets secondaires après la vaccination et d'autres non ? Des scientifiques découvrent de nouveaux indices
Après une injection, certains ne sentent rien, d'autres se retrouvent cloués par la fièvre et les courbatures. Cette loterie apparente n'avait jamais reçu d'explication claire.
Les vaccins provoquent des réactions différentes selon les personnes : certains ne ressentent rien, tandis que d’autres souffrent de fièvre, de courbatures ou de fatigue intense. Ces variations, souvent perçues comme aléatoires, ne sont pas dues au hasard. Les scientifiques ont découvert que ces différences s’expliquent en partie par des mécanismes biologiques qui se déclenchent avant même l’injection du vaccin. Ces mécanismes influencent la manière dont le système immunitaire réagit au produit injecté. Par exemple, une personne dont le système immunitaire est déjà activé avant la vaccination aura tendance à produire plus d’anticorps, ce qui peut entraîner des effets secondaires plus marqués. À l’inverse, une personne dont le système immunitaire est moins réactif pourrait ressentir peu ou pas de symptômes.
Le système immunitaire est un réseau complexe de cellules, de tissus et d’organes qui protège l’organisme contre les infections et les substances étrangères. Dans le cas des vaccins, il réagit à la présence d’un agent pathogène inactivé ou d’une partie de celui-ci (comme une protéine virale) pour produire des anticorps et des cellules mémoire. Ces dernières permettent de reconnaître et de neutraliser plus rapidement le vrai virus en cas d’infection future. Les chercheurs ont observé que l’activation préalable du système immunitaire, par une infection récente ou une autre stimulation, influence la sévérité des effets secondaires. Par exemple, une personne ayant eu la grippe quelques semaines avant sa vaccination contre la COVID-19 pourrait ressentir des symptômes plus intenses, car son système immunitaire est déjà en état d’alerte.
Une étude récente a révélé que les effets secondaires des vaccins ne dépendent pas uniquement de la composition du vaccin lui-même, mais aussi de l’état initial du système immunitaire de chaque individu. Les scientifiques ont analysé des données provenant de milliers de volontaires vaccinés contre la COVID-19 et ont identifié des marqueurs biologiques (comme des protéines ou des gènes) qui prédisent la probabilité de ressentir des effets secondaires. Par exemple, la présence de certaines protéines dans le sang avant la vaccination peut indiquer une réaction plus forte. Ces découvertes ouvrent la voie à des méthodes pour personnaliser les vaccins ou adapter les doses en fonction des profils immunitaires des patients. Les résultats ont été publiés dans des revues scientifiques reconnues, comme Nature Immunology, en 2023.
Ces nouvelles connaissances pourraient transformer la façon dont les vaccins sont administrés. À l’avenir, il serait possible de réaliser un test sanguin avant la vaccination pour évaluer le risque d’effets secondaires chez un individu. Cela permettrait d’adapter les recommandations, par exemple en proposant une dose réduite ou un intervalle plus long entre deux injections pour les personnes à risque. Cependant, ces méthodes ne sont pas encore appliquées en routine, car elles nécessitent des recherches supplémentaires et des outils de dépistage accessibles. En attendant, les autorités sanitaires continuent de recommander la vaccination pour tous, en soulignant que les effets secondaires graves restent rares. En France, par exemple, moins de 0,1 % des personnes vaccinées contre la COVID-19 ont présenté des réactions sévères.

