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C’est désormais inévitable : nous dépasserons le seuil des 1, 5 °C quoi qu’il arrive

Presse-Citron · mis à jour 3 sept.

Face à l'épuisement imminent du budget carbone, l'ONU acte l'inévitable : le seuil des 1,5 degrés Celsius sera dépassé quoi qu’il arrive, entraînant des séquelles climatiques définitives pour la planète. C’est un tournant historique, et sans retour..

Seuil 1,5°C dépassé

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) confirme dans son rapport Limiting Overshoot que le réchauffement climatique mondial dépassera inévitablement le seuil de 1,5 °C d’ici quelques années, malgré les efforts internationaux. Ce seuil, fixé par l’Accord de Paris en 2015, était considéré comme une limite de sécurité pour éviter les conséquences les plus graves du changement climatique. Cependant, le budget carbone restant, c’est-à-dire la quantité maximale de gaz à effet de serre que l’humanité peut encore émettre sans dépasser ce seuil, sera entièrement consommé d’ici environ trois ans si les émissions actuelles se poursuivent. En 2025, les émissions mondiales ont atteint un niveau historique, confirmant que la trajectoire réelle s’éloigne radicalement des objectifs initiaux.

Trajectoire actuelle

Selon les politiques climatiques actuellement en vigueur, la planète se dirige vers un réchauffement compris entre 2,6 et 2,8 °C d’ici la fin du siècle. Même dans le scénario le plus optimiste, où chaque État respecterait ses engagements de zéro émission nette, la température moyenne augmenterait tout de même de 1,8 à 1,9 °C. L’ONU propose désormais une nouvelle approche : plutôt que d’éviter le dépassement du seuil de 1,5 °C, l’objectif est de limiter la hauteur du pic de température pour tenter de redescendre sous ce seuil d’ici 2100. Cette stratégie est qualifiée de « par le haut ».

Risques du dépassement

Le dépassement temporaire du seuil de 1,5 °C entraînera des dommages irréversibles, même si les températures redescendent plus tard. Au moins un quart des glaciers mondiaux sera définitivement perdu, et l’élévation du niveau de la mer se poursuivra pendant des siècles en raison de la mémoire thermique des océans et de la fonte prolongée des calottes glaciaires. Les risques de franchir des points de bascule écologiques (comme le dépérissement de la forêt amazonienne ou la perturbation des courants océaniques) seront décuplés. Ces changements menacent des millions de personnes avec des sécheresses sévères, des vagues de chaleur mortelles et des pertes massives de biodiversité.

Solutions urgentes

Pour limiter les dégâts, les experts appellent à une réduction immédiate des émissions mondiales de 55 % d’ici 2035, en ciblant particulièrement le méthane, un gaz à effet de serre puissant émis par l’élevage, l’agriculture et les énergies fossiles. Cependant, les dommages déjà inévitables nécessitent une adaptation transformationnelle des sociétés, repensant l’aménagement du territoire et la sécurité alimentaire. Les pays riches doivent financer la protection des populations les plus vulnérables. Une autre piste repose sur le retrait massif du dioxyde de carbone (CDR), mais les capacités actuelles ne représentent que 5 % des émissions annuelles et reposent principalement sur le reboisement, une méthode limitée par la compétition avec les terres agricoles.

Ce que ça pourrait changer

Faire redescendre les températures sous le seuil de 1,5 °C nécessiterait au moins 50 ans d’efforts continus pour éliminer cinq fois plus de CO₂ que les capacités actuelles. Les technologies industrielles de *capture directe du CO₂ dans l’air* restent coûteuses et non éprouvées à grande échelle. Aujourd’hui, ces technologies ne représentent qu’une infime partie des solutions possibles et leur déploiement massif pose des défis économiques et techniques majeurs. Sans avancées significatives, l’inversion du réchauffement climatique semble hors de portée à court ou moyen terme.

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