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Bulle de l’IA : une bombe financière à 1 650 milliards de dollars prête à exploser ?

Presse-Citron · mis à jour il y a 14 j

L'IA coûte tellement cher que les plus grands titans du secteur préfèrent planquer leur dette sous le tapis plutôt que de l'assumer devant leurs investisseurs. Un petit jeu très dangereux, qui gonfle des valorisations complètement déconnectées de la réalité..

Une bulle financière géante

Depuis 2023, le secteur de l’intelligence artificielle (IA) est comparé à une bulle financière, comme celle d’Internet dans les années 2000. Cette comparaison repose sur un paradoxe : les investisseurs injectent des centaines de milliards de dollars dans des entreprises prometteuses, mais aucune de ces entreprises, à l’exception de NVIDIA, ne parvient à dégager des profits durables. NVIDIA, spécialisée dans les puces électroniques indispensables à l’IA, est la seule à enregistrer des bénéfices records. Pourtant, les autres géants du secteur, comme Alphabet (Google), Microsoft, Amazon, Meta (Facebook) et Oracle, dépensent sans compter pour développer leurs technologies, sans que leurs revenus ne suivent. Cette situation rappelle une logique de pari sur l’avenir, où l’argent coule à flots mais où les retours sur investissement restent incertains.

1 650 milliards cachés

Selon une enquête du quotidien financier japonais Nikkei Asia, cinq géants technologiques (Alphabet, Microsoft, Amazon, Meta et Oracle) cachent environ 1 650 milliards de dollars d’engagements financiers dans leurs opérations, des dettes qui n’apparaissent pas dans leurs bilans officiels. Officiellement, ces entreprises déclarent seulement 1 350 milliards de dollars de dettes. Ces engagements hors bilan, comme on les appelle en comptabilité, sont des obligations financières futures qui ne sont pas comptabilisées dans les documents publics. Par exemple, Meta affiche 420 milliards de dollars d’engagements cachés, soit trois fois plus que sa dette publique. Oracle, quant à elle, a vu ses engagements exploser, passant de 9 milliards en 2022 à 273,3 milliards en 2026, soit une multiplication par trente en quatre ans. Ces montages comptables, bien que légaux, soulèvent des questions sur la solidité réelle de ces entreprises.

Oracle en difficulté

Oracle illustre les risques liés à ces engagements cachés. En juillet 2026, l’agence de notation S&P a dégradé sa note de crédit à BBB-, une note proche du statut d’emprunteur à risque. Cette dégradation reflète la détérioration de sa situation financière, notamment une trésorerie passée dans le négatif de 23,7 milliards de dollars sur l’exercice 2026. Cela signifie que l’entreprise dépense plus qu’elle ne gagne, un signe alarmant pour ses investisseurs. Ces pratiques comptables, bien que légales, peuvent masquer une réalité financière fragile. Comme le souligne Tom Selling, expert en comptabilité cité par Bloomberg, ces bilans peuvent donner l’illusion d’une santé financière solide, alors qu’ils reposent sur des promesses de revenus futurs non garantis.

Un cercle vicieux dangereux

Les entreprises du secteur de l’IA s’auto-financent en partie grâce à un mécanisme risqué : les fabricants de puces et les opérateurs de centres de données prennent des participations dans leurs partenaires, tout en s’engageant à acheter mutuellement de la capacité de calcul sur plusieurs années. Cet argent tourne en boucle, gonflant artificiellement les carnets de commandes sans créer de richesse réelle. La Banque des règlements internationaux (BRI), une institution financière internationale, a identifié l’IA comme l’un des trois principaux foyers de risque pour la stabilité financière mondiale. Si ce système s’effondre, une correction brutale pourrait survenir, comparable à la crise des subprimes de 2008, où des millions de personnes ont perdu leur logement après l’éclatement d’une bulle immobilière.

Ce que ça pourrait changer

La BRI met en garde contre un scénario catastrophe : si le secteur de l’IA ne parvient pas à générer suffisamment de revenus pour couvrir ses engagements financiers, les investisseurs pourraient réaliser trop tard qu’ils ont financé un système instable. Les valorisations boursières actuelles reposent en effet sur des revenus futurs incertains, et non sur des profits réels. Quatre des cinq entreprises épinglées par *Nikkei Asia* doivent publier leurs résultats trimestriels dans les prochains jours. Ces publications pourraient révéler la fragilité de leurs finances et déclencher une réaction en chaîne sur les marchés. Bien qu’il soit impossible d’affirmer avec certitude que la bulle de l’IA éclatera, **toutes les conditions d’un krach sont déjà réunies** : des dettes cachées, des financements en circuit fermé et des valorisations déconnectées de la réalité économique.

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