Meta vend une IA optimiste sur fond de fin du monde
Vous allez voir que l’IA rapprochera les humaines et profitera à tous, affirme Meta dans sa dernière campagne de pub. Ce discours optimiste se heurte à une réalité qui a la tête dure.
Plusieurs acteurs majeurs de l’intelligence artificielle (IA) générative, comme OpenAI et Anthropic, sont critiqués pour leurs pratiques et leur communication jugées opaques ou alarmistes. OpenAI est comparé à un bateau ivre en raison de ses réorganisations internes et de son manque de transparence, tandis qu’Anthropic adopte une stratégie marketing axée sur la peur, évoquant régulièrement des scénarios apocalyptiques. Par ailleurs, SpaceXAI (filiale de SpaceX) est pointée du doigt pour son utilisation massive de turbines à gaz dans ses centres de données, un choix énergétique coûteux et polluant. L’économie de l’IA, estimée à des centaines de milliards de dollars, profite surtout à une poignée de dirigeants technologiques, renforçant les inégalités économiques. Cette concentration des richesses s’accompagne d’une pression sur les ressources, comme la mémoire vive des ordinateurs, dont les prix ont explosé, affectant aussi bien les consommateurs que les entreprises. Enfin, les laboratoires d’IA entretiennent des liens étroits avec le secteur militaire, et leurs infrastructures consomment d’énormes quantités d’énergie, aggravant les problèmes environnementaux. Ces éléments alimentent un climat de méfiance envers les technologies d’IA parmi le grand public.
Face à cette image négative, Meta a lancé une campagne publicitaire mettant en avant une vision optimiste de l’IA. Dans un spot vidéo, l’entreprise affirme que l’IA ne nous isolera pas, mais au contraire nous rapprochera, en misant sur le potentiel humain. Cependant, cette communication est ironiquement illustrée par la chanson Five Years de David Bowie, qui évoque la fin du monde dans cinq ans, un choix qui a suscité des moqueries. Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a réitéré sur Facebook que l’avenir de l’IA doit appartenir à tous, avec une approche de superintelligence personnelle visant à démocratiser l’accès à ces technologies. Pourtant, derrière ce discours se cache une réalité plus complexe : Meta cherche avant tout à rentabiliser ses innovations, comme ses lunettes connectées Meta AI, tout en développant discrètement des fonctionnalités intrusives, comme la reconnaissance faciale ou un système d’enregistrement permanent.
Les lunettes connectées de Meta, développées avec EssilorLuxottica, deviennent progressivement un symbole des dérives liées à l’IA. Certains utilisateurs détournent leur fonction d’enregistrement vidéo pour filmer des inconnus à leur insu, notamment dans des situations de drague agressive ou de caméras cachées, publiant ensuite ces vidéos sur les réseaux sociaux. Ces pratiques ont valu aux lunettes le surnom de pervert glasses (lunettes de pervers) et ont poussé Instagram, propriété de Meta, à agir. Adam Mosseri, responsable du réseau social, a annoncé le retrait systématique des vidéos exploitant ou harcelant des personnes, ainsi que la désactivation des comptes de deux coachs en séduction comptant plus d’un million d’abonnés, filmant des femmes dans l’espace public sans leur consentement. Meta tente de limiter ces abus en coupant la caméra des lunettes si la diode indiquant l’enregistrement est trafiquée, mais cette solution reste imparfaite. Malgré ces mesures, l’image des lunettes reste ternie, remettant en cause le discours publicitaire de Meta sur une IA bienveillante.
L’article s’inscrit dans un contexte où l’IA générative, bien que prometteuse, suscite des craintes croissantes liées à ses impacts sociaux, économiques et environnementaux. Aux États-Unis, les gouvernements soutiennent activement le développement de ces technologies, parfois au détriment de la protection des citoyens, comme en témoignent les alertes des forces de l’ordre contre un *extremisme anti-technologie*. Les géants de la tech, dont Meta, OpenAI ou Nvidia, forment un écosystème où les contrats se multiplient, créant une bulle économique alimentée par des centaines de milliards de dollars. Parallèlement, les œuvres de l’esprit sont massivement exploitées sans compensation équitable, et les datacenters, essentiels au fonctionnement de l’IA, consomment une part croissante de l’énergie mondiale, avec des disparités importantes selon les entreprises. Ces dynamiques soulèvent des questions éthiques et politiques sur la régulation de l’IA, son accessibilité et ses répercussions sur la société.

