“Ils mentent comme ils respirent” : en Bosnie-Herzégovine, les promesses exaspèrent les électeurs
À la veille des élections générales du 4 octobre, dans l’un des systèmes politiques les plus complexes du monde, la confiance s’érode : les partis en lice ne proposent que de vagues objectifs, souvent les mêmes, recyclés d’un scrutin à l’autre, constate le site “Radio Free Europe”..
En Bosnie-Herzégovine, des élections générales sont prévues le 4 octobre 2026 pour élire les représentants des deux entités du pays : la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine et la République serbe de Bosnie (Republika Srpska). Ce scrutin intervient dans un système politique particulièrement complexe, marqué par une division administrative héritée des accords de Dayton de 1995, qui ont mis fin à la guerre de Bosnie (1992-1995). Ces accords ont créé une structure politique fragmentée, avec trois groupes ethniques principaux (Bosniaques, Serbes et Croates) partageant le pouvoir de manière souvent conflictuelle. Le pays compte plus de 3 millions d’électeurs, mais la confiance dans les institutions et les partis politiques s’érode progressivement.
Les partis politiques en lice pour ces élections proposent des promesses similaires à celles des scrutins précédents, sans proposer de solutions concrètes ou innovantes. Selon Sead, un habitant de Sarajevo, les engagements portent régulièrement sur l’amélioration du niveau de vie, la création d’emplois, la lutte contre la corruption, l’accès à l’eau potable, la construction de logements et d’écoles, ou encore l’intégration européenne. Pourtant, seulement 2 % de ces promesses sont tenues, selon les observations des électeurs. Les partis recyclent ainsi les mêmes discours, sans évaluer les résultats passés ni adapter leurs propositions aux réalités locales.
La lassitude et la méfiance des électeurs envers les partis politiques sont palpables. Jasminka, une autre habitante de Sarajevo, résume ce sentiment en déclarant que les responsables politiques « mentent comme ils respirent » et que rien ne change malgré les discours. Elle envisage même de ne pas voter, reflétant un désenchantement croissant. Ce phénomène n’est pas isolé : plusieurs habitants interrogés partagent ce constat, soulignant l’absence de renouvellement des élites politiques et l’inefficacité des mécanismes de contrôle ou de sanction contre les promesses non tenues. La défiance s’étend au-delà des simples électeurs, touchant aussi des analystes qui critiquent l’absence de transparence et de responsabilité dans le système politique.
La Bosnie-Herzégovine est l’un des pays les plus complexes politiquement au monde en raison de sa structure administrative divisée. Les accords de Dayton ont instauré un système de partage du pouvoir entre les trois principaux groupes ethniques, avec une présidence tournante et des institutions souvent paralysées par des désaccords. La Fédération de Bosnie-et-Herzégovine est elle-même divisée en dix cantons, chacun avec ses propres compétences, tandis que la République serbe de Bosnie fonctionne de manière quasi autonome. Cette fragmentation limite l’efficacité des décisions et favorise les blocages politiques, rendant difficile la mise en œuvre de réformes ou de projets concrets.
L’article s’appuie sur des reportages de *Radio Free Europe/Radio Liberty* (RFE/RL), un média emblématique de la guerre froide financé par le Congrès américain pour promouvoir la liberté d’expression. Basé à Prague depuis 1989, RFE/RL couvre notamment les pays d’Europe de l’Est et des Balkans, où il joue un rôle clé dans la diffusion d’informations indépendantes. Dans le contexte bosnien, ce média met en lumière les dysfonctionnements du système politique et les attentes non satisfaites des électeurs, en s’appuyant sur des témoignages locaux et des analyses d’experts.

