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Des médecins haïtiens coincés au Canada en raison des nouvelles lois d’immigration

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 14 j

Les nouvelles lois fédérales limitent les possibilités de faire une demande d'asile..

Professionnels haïtiens bloqués

Trois professionnels haïtiens, dont deux médecins et une avocate, se retrouvent coincés au Canada après avoir effectué un stage de formation au Québec en 2024. Ariel Lalanne, Gwenaëlle Lalanne et Christine Hilaire sont francophones, formés au Canada et souhaitaient initialement retourner en Haïti après leur stage. Cependant, en raison de la détérioration de la situation sécuritaire dans leur pays, ils ont décidé de rester au Canada pour des raisons de sécurité. Leur demande d'asile a été refusée en raison d'une nouvelle loi d'immigration entrée en vigueur en mars 2024, la loi C-12, qui rend irrecevables les demandes d'asile présentées plus d'un an après l'entrée initiale au Canada.

Loi C-12 et ses effets

La loi C-12, adoptée par le gouvernement fédéral canadien dirigé par Mark Carney, vise à renforcer le système d'immigration et les frontières du pays. Entrée en vigueur en mars 2024 avec une application rétroactive, cette loi stipule que les demandes d'asile ne sont plus recevables si elles sont déposées plus d'un an après l'arrivée initiale de la personne au Canada. Cette mesure a été mise en place dans un contexte de pressions migratoires mondiales croissantes et d'une hausse importante du nombre de demandes d'asile au Canada. Le gouvernement justifie ces changements par la nécessité de préserver la viabilité et l'intégrité du système d'octroi de l'asile, afin que la protection reste accessible aux personnes qui en ont réellement besoin.

Situation administrative complexe

Les trois professionnels haïtiens se trouvent dans une situation administrative complexe : ils ne peuvent pas faire une demande d'asile, mais ils ne peuvent pas non plus être expulsés en raison d'un moratoire sur les expulsions vers Haïti. Ils sont donc sans statut légal au Canada et ne peuvent ni travailler ni étudier. Leur avocate, Me Paule Robitaille, qualifie cette situation de kafkaïenne et de limbes, car ils sont bloqués dans une impasse administrative sans issue apparente. Ils ne peuvent pas non plus quitter le Canada pour terminer leur formation ailleurs, comme en France, car leur passage au Canada les prive désormais de cette possibilité.

Conséquences professionnelles et humaines

Ces professionnels haïtiens, dont Ariel Lalanne s'est spécialisé dans les chirurgies mineures, ne peuvent plus exercer leur métier au Canada en raison de leur statut précaire. Le docteur Harry-Max Prochette, directeur médical au CISSS de Lanaudière, souligne que le Québec manque cruellement de médecins et que ces professionnels pourraient combler des besoins locaux. Pourtant, leur formation canadienne et leur expérience ne leur permettent pas d'obtenir un statut légal pour travailler. Me Paule Robitaille estime que le gouvernement refuse de voir le côté humain de cette décision, qui prive le Canada de compétences précieuses et laisse des milliers de personnes dans une situation d'incertitude et de stress.

Ce que ça pourrait changer

Les trois professionnels et leur avocate explorent actuellement toutes les options pour régulariser leur situation, mais aucune solution concrète ne se dessine pour l'instant. Ils regrettent que leur passage au Canada pour une formation de quelques semaines en 2024 les ait exclus de toute possibilité de demande d'asile ou de travail. Le gouvernement canadien n'a pas prévu d'aménagements spécifiques pour les personnes dans leur situation, malgré les appels à la flexibilité de la part d'organismes et de professionnels locaux. Leur situation illustre les conséquences inattendues des nouvelles lois d'immigration, qui créent une nouvelle classe de personnes sans statut et sans perspective d'avenir au Canada.

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