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Généraliste

Un demandeur d’asile risque l’expulsion à deux mois et demi de la naissance de son enfant

Le Devoir · mis à jour il y a 17 j

Après avoir épuisé tous ses recours, il souhaite maintenant une intervention ministérielle de dernière minute..

Alfredo en danger

Alfredo, un Équatorien de 28 ans, risque d'être expulsé du Canada le 21 octobre 2026, soit deux mois et demi avant la naissance de son enfant prévue le 4 janvier 2027. Arrivé au Canada en février 2023 par le chemin Roxham (une route terrestre utilisée par des demandeurs d’asile pour entrer au pays), sa demande d’asile a été rejetée en 2025. Malgré deux recours en appel, tous ont été refusés. Alfredo a épuisé toutes les voies légales possibles pour rester au Canada. Il a tenté d’obtenir un sursis pour éviter son expulsion, mais l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a rejeté sa demande de dernière minute le 18 octobre 2026, soit seulement 72 heures avant son départ forcé. Cette décision a été prise après un délai très court, ce qui a rendu impossible l’organisation d’un nouveau recours en justice.

Une famille en crise

Alfredo est marié à Lennyber, une Vénézuélienne également demandeuse d’asile au Canada depuis 2023. Elle est enceinte de 29 semaines (soit environ 7 mois de grossesse) et doit accoucher le 4 janvier 2027. Elle souffre de problèmes de santé et craint de ne plus avoir le soutien émotionnel, financier et physique de son conjoint après son expulsion. Leur fils de 3 ans appelle Alfredo « papa » et dépend fortement de sa présence, notamment pour les rituels du coucher. Alfredo a aussi un autre enfant, âgé de 5 ans, dont il partage la garde avec sa mère. L’expulsion d’Alfredo risque de briser cette famille, car il ne pourra pas assister à la naissance de son enfant ni soutenir sa conjointe pendant cette période difficile.

Conséquences humaines

L’expulsion d’Alfredo aura des répercussions profondes sur plusieurs personnes. Pour son fils de 5 ans, il s’agira d’une séparation définitive, car il ne reverra probablement plus son père après le 21 octobre 2026. Pour son beau-fils de 3 ans, la perte de son « papa » pourrait être traumatisante, car il a créé un lien très fort avec Alfredo. Lennyber, quant à elle, souffre déjà de la situation : elle a dû se rendre à l’hôpital en raison de la douleur et de la tristesse causées par cette séparation imminente. Le consultant en immigration Alejandro Arias Gallego, qui a accompagné Alfredo dans ses démarches, qualifie cette décision de « cruelle » et souligne que cette expulsion va « briser une famille ». Il rappelle que des vies sont en jeu, pas seulement des procédures administratives.

Recours impossibles

En mai 2026, la Cour fédérale du Canada avait accordé un sursis de 6 mois à un Mexicain pour lui permettre d’assister à la naissance de son enfant, un cas similaire à celui d’Alfredo. Cependant, dans le dossier d’Alfredo, les délais sont trop courts pour saisir la justice. Maryse Poisson, directrice de l’intervention sociale au Collectif Bienvenue (une organisation aidant les migrants précaires), explique qu’il est impossible d’organiser un recours devant la Cour fédérale avant le 21 octobre 2026, date de l’expulsion. Elle dénonce une décision « cruelle » et souligne que les droits d’Alfredo ne pourront pas être entendus à temps, malgré un précédent judiciaire favorable.

Ce que ça pourrait changer

Les derniers espoirs d’Alfredo reposent maintenant sur une intervention ministérielle. En effet, un ministre fédéral (par exemple, le ministre de la Sécurité publique ou de l’Immigration) dispose d’un *pouvoir discrétionnaire* lui permettant d’accorder un permis de séjour temporaire dans des situations exceptionnelles. Si Lennyber obtient le statut de réfugiée, Alfredo pourrait éventuellement revenir au Canada et obtenir la résidence permanente. Sa demande d’asile est toujours en attente devant la *Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada* (CISR), avec une audience prévue dans l’année. Alfredo espère que cette issue lui permettra de tenir son nouveau-né dans ses bras un jour, mais il ignore quand cela sera possible.

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