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En voulant figurer sur un billet de 250 dollars, Donald Trump impose sa méthode à l’opposé de la BCE et de la Suisse

The Conversation France · mis à jour il y a 23 j

Alors que Donald Trump souhaite imprimer sa signature et son visage sur un billet de 250 dollars états-uniens, la Banque nationale suisse présente sa nouvelle gamme de billets tandis que la Banque centrale européenne (BCE) a sélectionné deux thèmes pour ses nouveaux billets : « La culture européenne : un héritage commun » et « Fleuves et oiseaux : force et diversité ». Alors, quel objectif poursuivent les banques centrales ? Le 27 mars 2026, le département du Trésor des États-Unis annonce que la signature du président Donald Trump allait figurer sur le billet vert.

Trump veut son billet

En mars 2026, le département du Trésor des États-Unis annonce que la signature du président Donald Trump figurera sur un nouveau billet de 250 dollars. Jusqu’à présent, seuls le ministre des Finances et le trésorier signaient les billets américains. Cette décision marque une rupture avec la tradition des banques centrales, qui privilégient l’indépendance de leur action pour préserver la confiance du public dans la monnaie. Le dollar, instrument clé de la puissance économique mondiale des États-Unis, repose sur cette confiance. Or, l’image de Donald Trump, très polarisante, pourrait fragiliser cette confiance, notamment face à des projets concurrents comme l’euro ou le projet UNIT des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Pourquoi les banques centrales

Les banques centrales, comme la Banque centrale européenne (BCE) ou la Banque nationale suisse (BNS), conçoivent leurs billets avec une double ambition : sécuriser la monnaie et renforcer son acceptation par le public. Une monnaie fiduciaire (comme le dollar ou l’euro) n’a de valeur que si les citoyens lui font confiance. Pour y parvenir, ces institutions évitent les symboles politiques contemporains, jugés trop clivants, et privilégient des motifs neutres ou consensuels. Par exemple, la BCE a récemment consulté 365 000 Européens pour choisir entre deux thèmes : « La culture européenne : un héritage commun » et « Fleuves et oiseaux : force et diversité ». La BNS a même impliqué la population suisse dans le choix de sa nouvelle gamme de billets, lancée en mars 2026.

Risque de détournement

Les billets de banque, en circulant massivement, deviennent des supports de communication et de détournement. Historiquement, des citoyens ou artistes ont modifié des billets pour y apposer des messages ou des images provocatrices. Par exemple, dans les années 1940, un Français a détourné un billet de 20 francs pour y coller le visage d’Adolf Hitler, ou encore, en 1950, l’écrivain Pierre Bettencourt a imprimé des citations irrévérencieuses sur des billets de la Banque de France. Ces actes, bien que marginaux, rappellent que la crédibilité d’une monnaie dépend aussi de son image. Une perte de confiance pourrait entraîner un rejet des billets, les rendant inutilisables.

Méthode suisse innovante

La Banque nationale suisse (BNS) a adopté une méthode inédite pour concevoir sa nouvelle gamme de billets, présentée en mars 2026. Après un concours lancé en octobre 2024 auprès de plus de 300 graphistes, douze projets ont été sélectionnés, puis six maquettes ont été choisies grâce à un sondage d’opinion et l’expertise de spécialistes. Cette approche participative vise à garantir l’adhésion de la population suisse aux nouveaux billets, dont la mise en circulation est prévue pour 2031. Le thème retenu, « La Suisse, tout en relief », met en avant des éléments visuels innovants pour sécuriser les coupures et renforcer leur attractivité.

BCE mise sur la consultation

La Banque centrale européenne (BCE) a également innové en associant les citoyens à la création de ses billets. Entre décembre 2021 et mars 2022, elle a organisé des groupes de discussion et des enquêtes publiques mobilisant jusqu’à 365 000 personnes. Ces consultations ont abouti à deux thèmes pour la future gamme de billets : « La culture européenne : un héritage commun » et « Fleuves et oiseaux : force et diversité ». Contrairement à la première série de l’euro, qui représentait des ponts et des fenêtres, cette approche cherche à humaniser la monnaie en intégrant des éléments culturels ou naturels, tout en maintenant un haut niveau de sécurité.

Ce que ça pourrait changer

La démarche de Donald Trump, qui impose son image sur un billet de 250 dollars sans consultation préalable, s’oppose frontalement aux méthodes des banques centrales européennes. Ces dernières, comme la BCE ou la BNS, misent sur la transparence et la participation citoyenne pour renforcer la crédibilité de leur monnaie. En revanche, la décision américaine, prise de manière autoritaire et sans sondage public, pourrait fragiliser la confiance dans le dollar. L’article souligne que deux modèles coexistent : l’un fondé sur l’indépendance et la prudence des banques centrales, l’autre sur une logique politique et symbolique. L’avenir dira lequel des deux l’emportera en termes de crédibilité internationale.

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