La solitude de Capitaine Canada
Doug Ford dit se sentir « seul » face à Donald Trump, mais son impulsivité pourrait de diviser les provinces..
Doug Ford, premier ministre de l'Ontario, se présente comme un défenseur des intérêts du Canada face aux États-Unis, se comparant à un Capitaine Canada. Il a récemment critiqué Donald Trump, qu'il qualifie d'intimidateur, et a suggéré que le Canada adopte une position plus offensive pour protéger ses intérêts économiques. Cette posture s'inscrit dans un contexte où les relations commerciales entre les deux pays sont tendues, notamment en raison de tarifs douaniers imposés par Washington. Doug Ford a notamment proposé une réponse symétrique, en appliquant des droits de douane équivalents à ceux des États-Unis, une mesure connue sous le terme de répliquer dollar pour dollar. Cependant, cette idée n'a pas été soutenue par les autres premiers ministres provinciaux lors du Conseil de la fédération.
Le Canada est une confédération, c'est-à-dire une union de plusieurs provinces qui conservent une partie de leur autonomie, notamment en matière de ressources naturelles. Cette structure complique les décisions unilatérales, car chaque province a ses propres priorités. Par exemple, l'Alberta, représentée par sa première ministre Danielle Smith, refuse catégoriquement d'utiliser son secteur énergétique comme levier dans les négociations avec les États-Unis. Doug Ford, bien qu'il affirme que l'unité canadienne reste intacte, reconnaît se sentir isolé face à Trump. Il a demandé à ses homologues provinciaux d'être plus actifs dans les discussions, mais ses propositions peinent à trouver un écho unifié.
Doug Ford est connu pour son franc-parler et son tempérament impulsif, notamment lors des points de presse. Cette approche peut s'avérer risquée dans les négociations internationales, où la prudence et la cohésion sont essentielles. Mark Carney, premier ministre du Canada, a souligné que des commentaires maladroits de Ford pourraient nuire aux négociations en cours. Par le passé, des initiatives unilatérales de l'Ontario ont déjà provoqué des tensions. En mars 2025, l'Ontario avait imposé une surtaxe de 25 % sur les exportations d'électricité vers les États-Unis, une mesure qui avait irrité Washington et forcé Ford à faire marche arrière après seulement 24 heures. En octobre 2024, une publicité ontarienne diffusée aux États-Unis, reprenant un discours de Ronald Reagan, avait également provoqué la colère de Trump et suspendu les négociations.
Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis se sont intensifiées avec l'imposition par Washington de droits de douane additionnels de 50 % sur certains produits canadiens. L'Ontario, étant l'une des provinces les plus touchées par ces mesures, pourrait subir des conséquences économiques importantes. Cependant, les autres provinces, comme l'Alberta, refusent d'utiliser leurs ressources naturelles comme monnaie d'échange. Le Canada dispose jusqu'au 19 août pour trouver une solution à cette crise, sous peine de voir les tensions s'aggraver. Doug Ford, dont la popularité est en baisse, pourrait voir son impatience lui coûter cher sur le plan politique et économique.
Les négociations avec les États-Unis mettent à l'épreuve la relation entre Doug Ford et Mark Carney, premier ministre du Canada. Bien que Ford affirme avoir une *très bonne* relation avec Carney, des sources anonymes citées par CBC ont indiqué que des tensions existaient en coulisses. Mark Carney a même dû s'excuser auprès de Trump pour une publicité antiprotectionniste lancée par l'Ontario, bien qu'il ait affirmé avoir été consulté avant sa diffusion. Cette situation illustre les défis de la gouvernance canadienne, où les premiers ministres provinciaux et fédéral doivent collaborer malgré des visions parfois divergentes.

