Le prix Nobel de la paix décerné à l’avocate sud-africaine Navanethem “Navi” Pillay
Le comité Nobel d’Oslo a récompensé vendredi 9 octobre cette juriste de 85 ans pour ses efforts en faveur du droit international. Navanethem “Navi” Pillay a récemment dirigé une commission d’enquête des Nations unies accusant Israël de génocide à Gaza..
Navanethem Navi Pillay est une avocate et juriste sud-africaine née en 1941 dans une famille d’origine indienne à Durban. Elle s’est distinguée comme une figure majeure du droit international et des droits humains. En 1995, elle devient la première femme nommée à la Haute Cour d’Afrique du Sud, marquant une étape importante pour l’égalité des genres dans ce pays. Son parcours inclut également des rôles clés au sein des Nations unies, où elle a occupé le poste de haute-commissaire aux droits de l’homme entre 2008 et 2014. Le comité Nobel a salué ses solides valeurs morales et son rôle dans l’élargissement de la portée du droit international, notamment en reconnaissant les violences sexuelles comme des crimes contre l’humanité.
Le 9 octobre 2026, le comité Nobel norvégien a décerné le prix Nobel de la paix à Navi Pillay, âgée de 85 ans. Ce prix récompense ses décennies de combat pour les droits humains et le droit international. Il s’agit de la deuxième année consécutive où le prix est attribué à une femme, après María Corina Machado en 2025. Le président du comité Nobel, Jorgen Watne Frydnes, a souligné que Pillay avait considérablement élargi la portée et les effets du droit international, notamment en intégrant des notions comme le génocide et les violences sexuelles dans le cadre juridique international.
Navi Pillay a occupé le poste de haute-commissaire aux droits de l’homme à l’ONU entre 2008 et 2014. Dans ce rôle, elle a critiqué à plusieurs reprises la politique israélienne, notamment les actions militaires à Gaza. En 2014, plus d’une centaine de membres du Congrès américain lui ont adressé une lettre pour dénoncer ce qu’ils considéraient comme un parti pris du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sous sa direction, accusant Israël sans examiner les actions du Hamas. Cette controverse illustre les tensions autour des enquêtes internationales sur les conflits géopolitiques.
En septembre 2025, Navi Pillay a dirigé une commission d’enquête internationale indépendante rattachée à l’ONU. Cette commission a accusé Israël de génocide à Gaza devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Cette accusation a suscité des réactions vives, notamment en Israël, où des médias comme The Times of Israel ont souligné le caractère controversé de cette enquête. Le terme génocide désigne des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Cette accusation s’inscrit dans un contexte de conflit prolongé entre Israël et le Hamas, marqué par des violences et des pertes humaines importantes.
Navi Pillay a joué un rôle déterminant dans des décisions judiciaires historiques qui ont élargi la définition des crimes internationaux. Elle a notamment contribué à faire reconnaître que le *viol* et les *violences sexuelles* pouvaient constituer des actes de génocide ou des *crimes contre l’humanité*. Ces avancées ont renforcé la protection des victimes de violences sexuelles dans les conflits armés. Le comité Nobel a salué son travail pour avoir *considérablement élargi la portée et les effets du droit international*, en intégrant des dimensions comme les violences de genre dans le cadre juridique international.

