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Société

L'Ukraine fait face à un nouveau défi: les décombres truffés d'amiante des bâtiments détruits par la guerre

Slate FR · mis à jour 29 sept.

Des centaines de milliers d'habitations et de bâtiments publics sont concernés. Le pays ne dispose pas de service d'élimination, ni de décharges pour traiter ces minéraux dangereux..

Guerre et amiante caché

La guerre en Ukraine a détruit des milliers de bâtiments, libérant un danger invisible : l’amiante. Ce matériau, autrefois très utilisé dans la construction pour ses propriétés isolantes et résistantes au feu, est aujourd’hui interdit dans de nombreux pays en raison de ses risques sanitaires. Pourtant, il reste présent dans les infrastructures ukrainiennes, notamment dans les toitures, les murs et les canalisations. Selon l’article, environ 30 % des bâtiments détruits par les bombardements pourraient contenir de l’amiante, un chiffre estimé par des experts en santé publique. L’exposition à ses fibres microscopiques, lorsqu’elles sont inhalées, peut provoquer des maladies graves comme l’asbestose, un cancer du poumon ou le mésothéliome, une tumeur rare mais mortelle. Les décombres des zones de conflit deviennent ainsi des sources de pollution invisibles, posant un défi majeur pour la reconstruction et la santé des populations.

Risques sanitaires immédiats

Les décombres des bâtiments détruits par la guerre en Ukraine représentent un risque sanitaire immédiat pour les habitants et les travailleurs sur les sites de reconstruction. Lorsque l’amiante est endommagé ou broyé, ses fibres se libèrent dans l’air et peuvent être inhalées sans que les personnes ne s’en rendent compte. Les experts cités dans l’article soulignent que même une exposition brève peut suffire à causer des dommages irréversibles. Les populations les plus vulnérables, comme les enfants, les personnes âgées ou celles souffrant de problèmes respiratoires, sont particulièrement exposées. En Ukraine, les autorités sanitaires ont déjà signalé une augmentation des cas de maladies liées à l’amiante dans les zones touchées par les combats. La situation est d’autant plus préoccupante que les systèmes de surveillance et de protection sont souvent défaillants dans un pays en guerre, rendant difficile la prévention des expositions.

Défis de la reconstruction

La reconstruction des villes ukrainiennes détruites par la guerre se heurte à un obstacle majeur : la gestion des déchets contenant de l’amiante. Ces matériaux, autrefois considérés comme une solution pratique et économique, sont aujourd’hui un fardeau pour les autorités. L’article mentionne que l’Ukraine ne dispose pas toujours des infrastructures nécessaires pour traiter ces déchets de manière sûre, ce qui prolonge l’exposition des populations. Les experts estiment que le coût de la gestion de l’amiante dans les décombres pourrait atteindre plusieurs milliards d’euros, un montant difficile à mobiliser dans un pays déjà en crise économique. De plus, les retards dans la reconstruction aggravent la situation, car les bâtiments endommagés restent exposés aux intempéries, favorisant la dispersion des fibres d’amiante. Les organisations internationales, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), appellent à une coordination urgente pour éviter une crise sanitaire à long terme.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette menace silencieuse, des acteurs locaux et internationaux tentent de mettre en place des solutions pour limiter les risques liés à l’amiante. L’article cite notamment des ONG et des agences de l’ONU qui forment des équipes à la détection et au traitement des matériaux contaminés. Certaines villes ukrainiennes ont commencé à cartographier les zones à risque et à sécuriser les sites de déblaiement. Cependant, ces initiatives restent limitées par le manque de ressources et la priorité donnée à la reconstruction des infrastructures essentielles. Les experts insistent sur la nécessité d’une approche globale, combinant prévention, sensibilisation des populations et investissements dans des technologies de dépollution. Sans une action coordonnée, l’héritage toxique de l’amiante pourrait hanter l’Ukraine pendant des décennies, avec des conséquences sanitaires et économiques durables.

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