On a vu VisionQuest : la vision de la série Marvel est bancale (critique sans spoilers)
Dix-huit ans, trente-huit films, dix-huit séries télévisées et une fatigue industrielle qui ne fait plus rire personne. Le Marvel Cinematic Universe continue de brasser du vide, mais persiste à vouloir se draper dans les oripeaux du cinéma d'auteur.
VisionQuest est la troisième et dernière série de la trilogie conceptuelle du Marvel Cinematic Universe (MCU) initiée en 2021 avec WandaVision. Elle explore des thèmes comme la conscience artificielle, l'identité et la quête de soi, en s'inspirant du style cinéma d'auteur de WandaVision. La série est réalisée par Terry Matalas, déjà connu pour avoir relancé la saison 3 de Star Trek: Picard en réutilisant des éléments de mythologie ancienne. Paul Bettany y reprend son rôle de Vision, un androïde synthézoïde créé par Tony Stark, aux côtés d'acteurs comme James Spader (Ultron), James D'Arcy (J.A.R.V.I.S.) et Orla Brady (F.R.I.D.A.Y.). La série compte 18 séries télévisées et 38 films dans le MCU, un univers qui accumule une fatigue industrielle malgré ses tentatives pour se rapprocher du cinéma d'auteur.
La série se distingue par son manoir cérébral, une maison victorienne virtuelle où Vision explore sa psyché et interagit avec des avatars d'intelligences artificielles conçues par Tony Stark. Parmi eux, James Spader incarne Ultron, un antagoniste emblématique de Marvel, avec une performance saluée pour son énergie et son humour noir. D'autres IA comme J.A.R.V.I.S. (James D'Arcy), F.R.I.D.A.Y. (Orla Brady) et E.D.I.T.H. (Emily Hampshire) apparaissent également, apportant une touche de diversité et de dynamisme. Le casting est décrit comme royal, avec des acteurs expérimentés qui donnent de la profondeur aux personnages. Ces éléments créatifs offrent une expérience visuelle et narrative originale, bien que centrée sur des concepts techniques.
Malgré ses atouts visuels, VisionQuest peine à créer une émotion authentique. Le dialogue entre les IA, centré sur des concepts comme la syntaxe humaine et les algorithmes, manque de chaleur et de connexion humaine, ce qui rend les personnages froids et difficiles à appréhender. La série souffre aussi d'une écriture lourde, avec un jargon informatique qui peut perdre le spectateur non initié. Par ailleurs, Marvel impose des combats numériques obligatoires par épisode, une contrainte habituelle des blockbusters qui brise la cohérence narrative et réduit l'impact émotionnel. Enfin, l'absence de danger réel pour les personnages, qui sont des assemblages de données virtuelles, empêche toute tension dramatique.
L'intrigue suit Vision, reconstitué après avoir été retrouvé en pièces détachées, qui erre dans la galaxie avant de s'installer dans un pub à Édimbourg. Pour combler ses lacunes mémorielles, il explore sa psyché, où cohabitent les différentes IA de Tony Stark. Cependant, la série s'embourbe dans des arcs secondaires étouffants, avec une accumulation de pistes narratives et de connexions avec le catalogue Disney+. Cela transforme le visionnage en une expérience dense, presque comparable à une révision de partiels. La série peine à équilibrer profondeur conceptuelle et accessibilité, ce qui nuit à son rythme et à sa clarté.
VisionQuest se veut la suite spirituelle de WandaVision, qui avait utilisé le format rétro de la télévision pour explorer des thèmes humains comme le deuil et la solitude. En revanche, VisionQuest reste cantonné à des concepts froids et techniques, sans parvenir à toucher le spectateur. Là où WandaVision avait su mêler intelligence narrative et émotion, VisionQuest privilégie l'esthétique et le spectacle, au détriment de la profondeur. La série est donc perçue comme une tentative ambitieuse mais inaboutie, concluant une trilogie qui n'a pas su maintenir l'équilibre entre innovation et accessibilité.
VisionQuest obtient une note de 7/10, ce qui la place au-dessus de nombreuses productions récentes du MCU, mais en dessous des attentes suscitées par la trilogie. La série est saluée pour son ambition, son casting et son univers visuel, mais critiquée pour son manque d'émotion, son écriture confuse et ses combats superflus. Elle reste un divertissement correct, notamment pour les fans de Marvel ou de science-fiction, mais déçoit en tant que conclusion d'un arc narratif initié en 2021. Le verdict souligne que, malgré ses défauts, VisionQuest évite le naufrage total et offre une expérience plus aboutie que la majorité des productions récentes de Disney+.

