Les particules de plastique augmenteraient le risque d’infarctus
Le mécanisme responsable n'a pas encore été clairement identifié..
Une étude italienne a détecté la présence de particules de plastique dans le sang de personnes ayant subi un infarctus du myocarde. Parmi les 60 participants, 84 % des victimes d’infarctus présentaient des microplastiques dans le sang des artères coronaires, contre 40 % pour des patients atteints de maladies cardiaques moins sévères et 32 % pour des sujets en bonne santé. Les concentrations de ces particules étaient également plus élevées chez les patients victimes d’une crise cardiaque, avec une grande variété de polymères, le polyéthylène étant le plus fréquent (97 % des cas). Ce plastique, omniprésent dans les emballages alimentaires et les produits du quotidien, pourrait jouer un rôle dans le développement des maladies cardiovasculaires.
Les chercheurs suggèrent que les microplastiques agissent comme une source d’inflammation dans l’organisme. Plus leur concentration est élevée, plus l’inflammation augmente, ce qui favorise le développement de l’athérosclérose (formation de plaques dans les artères), du stress oxydatif, des dysfonctions endothéliales (problèmes dans la paroi des vaisseaux sanguins) et l’activation des cellules immunitaires. Ces mécanismes pourraient expliquer pourquoi les microplastiques sont associés à un risque accru d’infarctus. Le cardiologue Josep Iglesies-Grau, de l’Institut de cardiologie de Montréal, souligne que ces particules pourraient contribuer à la formation et à la rupture des plaques athéroscléreuses, déclenchant ainsi des crises cardiaques.
L’étude confirme un lien entre l’exposition aux particules fines (PM2,5, des polluants atmosphériques de moins de 2,5 micromètres) et les maladies coronariennes. Les PM2,5 accélèrent la formation de plaques athéroscléreuses et peuvent, à court terme, déstabiliser ces plaques, provoquant un infarctus. Les chercheurs italiens associent désormais ces polluants, ainsi que le tabagisme, à la présence de microplastiques à tous les stades de la maladie coronarienne. Le tabagisme est d’ailleurs le seul facteur prédictif indépendant de la détection de ces particules, avec des concentrations significativement plus élevées chez les fumeurs.
Les résultats de cette étude placent l’exposition aux microplastiques parmi les facteurs de risque des maladies coronariennes, au même titre que le tabagisme, le cholestérol élevé, la sédentarité ou le diabète. Les chercheurs évoquent un possible lien de causalité entre ces particules et les événements cardiovasculaires aigus, comme l’infarctus. Une précédente étude de la même équipe, publiée en 2024 et portant sur plus de 300 patients, avait déjà montré une association entre la présence de microplastiques dans les plaques artérielles et un risque accru d’événements cardiovasculaires graves.
Les microplastiques proviennent de la dégradation d’objets en plastique plus grands, tandis que les nanoplastiques, encore plus petits (mesurés en milliardièmes de mètre), peuvent traverser la barrière intestinale et entrer dans la circulation sanguine. Pour donner une échelle, un cheveu humain mesure environ 70 micromètres, tandis qu’un microplastique mesure entre 1 micromètre et 5 millimètres. Les nanoplastiques, eux, sont si minuscules qu’ils peuvent atteindre directement les organes. Leur impact sur la santé reste encore mal compris, mais ils pourraient perturber le fonctionnement de certains organes, agir comme des perturbateurs endocriniens ou favoriser l’inflammation.
Bien que le plastique soit omniprésent dans l’environnement, il est possible de réduire son exposition. Les chercheurs recommandent d’éviter l’eau embouteillée dans des contenants en plastique, de ne pas chauffer les aliments dans du plastique (au micro-ondes ou avec de l’eau bouillante), et d’utiliser des contenants en verre, en acier ou en céramique pour stocker les aliments. Ils conseillent également d’éviter les aliments ultratransformés et de privilégier les vêtements en fibres naturelles. Ces mesures pourraient limiter l’ingestion ou l’inhalation de microplastiques et nanoplastiques.

