Le conflit entre les Houthis et Riyad est à son plus haut niveau de tensions depuis 2022
Une escalade pourrait compliquer les efforts de Trump visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran L’article Le conflit entre les Houthis et Riyad est à son plus haut niveau de tensions depuis 2022 est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Le 8 septembre 2026, les Houthis ont mené leurs frappes les plus importantes depuis le cessez-le-feu de 2022, ciblant quatre villes du sud de l’Arabie saoudite : Abha, Najran, Jizan et Khamis Mushait. Ces attaques ont utilisé plusieurs dizaines de drones et missiles balistiques, touchant notamment des installations pétrolières d’Aramco et la base aérienne du roi Khalid. Les Houthis ont justifié ces frappes comme une réponse à une attaque aérienne saoudienne survenue la veille, le 7 septembre, contre une prison au Yémen, qui aurait fait 23 morts. Ces événements marquent une escalade significative des tensions entre les deux camps, avec au moins 73 blessés civils recensés. Les Houthis ont précisé que leurs attaques sur les infrastructures économiques saoudiennes se poursuivraient tant que Riyad n’aurait pas mis fin à sa campagne militaire au Yémen, levé son blocus sur les ports et aéroports contrôlés par les Houthis, payé les salaires des fonctionnaires yéménites et versé des réparations de guerre.
Les frappes houthistes ont provoqué la suspension de plusieurs sites énergétiques saoudiens, ce qui a directement affecté la production et l’exportation de pétrole. Le baril de Brent, une référence mondiale pour le prix du pétrole, a dépassé les 100 dollars le 9 septembre 2026, un niveau atteint pour la première fois depuis juillet de la même année. Cette hausse des prix s’explique en partie par les perturbations des exportations saoudiennes, déjà fragilisées par un embargo houthiste sur les ports et navires saoudiens en mer Rouge depuis le 20 juillet 2026. Pour contourner ce blocus, l’Arabie saoudite a dû réorganiser ses routes logistiques : les cargaisons de pétrole chargées à Yanbu, sur la mer Rouge, transitent désormais par le canal de Suez, puis contournent l’Afrique pour rejoindre l’Asie, doublant ainsi la distance habituelle. Cette situation pénalise particulièrement les clients asiatiques d’Aramco, la compagnie nationale saoudienne de pétrole.
Face à cette escalade, l’Arabie saoudite s’est engagée à riposter, tandis que le ministre pakistanais de la Défense a annoncé que le pays pourrait activer la clause de défense mutuelle d’un accord signé en août 2026 avec l’Arabie saoudite et la Turquie. Cet accord prévoit une assistance militaire en cas d’attaque contre l’un des signataires. Par ailleurs, les tensions actuelles pourraient compliquer les efforts diplomatiques américains visant à désamorcer le conflit entre l’Arabie saoudite et l’Iran, surtout à quelques semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis. La Maison-Blanche a jusqu’à présent minimisé l’impact des frappes houthistes en mer Rouge, qui ciblent des pétroliers saoudiens depuis juillet 2026, malgré un embargo houthiste sur les ports et navires saoudiens dans cette région stratégique.
Le conflit entre les Houthis et l’Arabie saoudite s’inscrit dans une guerre plus large au Yémen, où les Houthis, un groupe armé soutenu par l’Iran, affrontent depuis 2015 une coalition dirigée par Riyad. Un cessez-le-feu avait été négocié en 2022 sous l’égide de l’ONU, mais les tensions n’ont jamais vraiment cessé. Les Houthis, qui contrôlent une grande partie du nord du Yémen, cherchent à affaiblir l’économie saoudite pour forcer Riyad à mettre fin à son intervention militaire au Yémen. Leur stratégie combine désormais des attaques sur les infrastructures énergétiques saoudiennes et des perturbations du trafic maritime en mer Rouge, une route commerciale cruciale pour le pétrole. Cette escalade récente marque un tournant dans leur approche, qui pourrait avoir des répercussions régionales et internationales, notamment sur les prix de l’énergie et les équilibres géopolitiques.

