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Des bactéries éliminent jusqu’à 95 % de l’uranium dissous dans l’eau en seulement 130 jours

Trust My Science · mis à jour il y a 22 j

Des chercheurs ont pour la première fois démontré que des bactéries peuvent transformer l’uranium dissous dans l’eau en un composé chimiquement stable en présence de glycérol, qui leur sert de source de nourriture. Dans des conditions de croissance favorables, les bactéries réduisaient à 5 % la concentration d’uranium en seulement 130 jours.

Uranium dans l'eau

L’uranium est un métal radioactif présent naturellement dans l’eau, souvent sous forme de traces dissoutes. Ces particules peuvent provenir de roches contenant de l’uranium ou de sites industriels comme les mines ou les centrales nucléaires. Une fois dissous, l’uranium est difficile à éliminer car il se mélange intimement à l’eau. Sa présence en excès pose un problème de santé publique, car il est toxique et cancérigène à long terme. Les méthodes classiques de dépollution, comme la filtration ou les produits chimiques, sont coûteuses et peu efficaces pour les faibles concentrations. Dans cette étude, les scientifiques ont exploré une solution biologique : l’utilisation de bactéries pour transformer l’uranium en une forme solide et stable, plus facile à extraire.

Bactéries dépolluantes

Les chercheurs ont identifié une souche de bactéries capables de métaboliser l’uranium dissous. Ces micro-organismes, naturellement présents dans certains sols ou eaux contaminées, utilisent l’uranium comme source d’énergie pour leur croissance. En le transformant en un composé solide et stable, appelé uraninite, les bactéries le rendent inoffensif et facile à séparer de l’eau. Ce processus, appelé bioremédiation, est une alternative écologique aux méthodes chimiques ou physiques. L’étude montre que ces bactéries peuvent éliminer jusqu’à 95 % de l’uranium en seulement 130 jours, un résultat bien supérieur aux techniques traditionnelles.

Efficacité prouvée

L’expérience a été menée en laboratoire sur des échantillons d’eau contaminée par de l’uranium, avec une concentration initiale de 100 microgrammes par litre (µg/L). Après 130 jours, les bactéries avaient réduit cette concentration à seulement 5 µg/L, soit une élimination de 95 %. Ce taux est remarquable car les méthodes classiques, comme l’osmose inverse ou les résines échangeuses d’ions, atteignent difficilement 80 % d’efficacité. De plus, la bioremédiation ne nécessite pas d’énergie externe ni de produits chimiques agressifs, ce qui la rend plus durable et moins coûteuse à long terme.

Applications possibles

Cette découverte ouvre des perspectives pour dépolluer les eaux contaminées par l’uranium, notamment autour des sites miniers ou des anciennes installations nucléaires. En France, par exemple, des zones comme la Cévenne ou le Limousin présentent des sols riches en uranium, où cette technique pourrait être testée. Les chercheurs soulignent aussi le potentiel pour traiter les eaux usées industrielles ou les nappes phréatiques polluées. À plus grande échelle, cette méthode pourrait compléter les stratégies de gestion des déchets radioactifs, en réduisant les risques pour les populations et les écosystèmes.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ces résultats prometteurs, plusieurs défis restent à relever avant une application généralisée. D’abord, les bactéries doivent être adaptées à différents types d’eaux et de contaminants. Ensuite, leur croissance nécessite des conditions spécifiques (température, pH, nutriments), ce qui peut limiter leur efficacité en milieu naturel. Enfin, la question du devenir des boues contenant l’uranium solide reste ouverte : faut-il les stocker, les recycler ou les traiter différemment ? Les chercheurs travaillent actuellement à optimiser le processus pour une utilisation à grande échelle.

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