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Géopolitique

Le “record absolu” des loyers à Manhattan

Courrier International · mis à jour il y a 7 j

Vous rêvez de vous installer à Manhattan ? Avec un taux d’occupation presque maximal, les loyers ont grimpé en flèche en un an. Le marché de luxe, lui, est encore moins abordable, rapporte les médias américains..

Record historique des loyers

En septembre 2026, le prix moyen d’un logement à Manhattan, l’un des quartiers les plus célèbres de New York, atteint un niveau sans précédent : 6 655 dollars (soit environ 5 725 euros) par mois. Ce montant représente une augmentation brutale de 10 % par rapport à l’année précédente, selon les données du cabinet d’études immobilières Corcoran Sunshine Marketing Group. Tous les types de logements sont concernés par cette hausse : un studio coûte en moyenne 4 088 dollars (3 517 euros) par mois, tandis qu’un appartement de trois chambres atteint 12 228 dollars (10 522 euros) mensuels. Les médias américains qualifient cette situation de record absolu, soulignant que le marché locatif est presque saturé, avec un taux d’occupation dépassant 98 %.

Explosion des loyers de luxe

Le segment des locations de luxe à Manhattan connaît une croissance encore plus spectaculaire. Le prix moyen d’un logement haut de gamme a augmenté de 35 % en un an, pour s’établir à 17 464 dollars (15 030 euros) par mois, selon The Real Deal, un site spécialisé dans l’immobilier. Cette catégorie de biens est particulièrement touchée par la demande croissante des New-Yorkais fortunés, qui privilégient la location plutôt que l’achat. Le nombre de locations dépassant 50 000 dollars (43 000 euros) par mois a doublé depuis le début de l’année 2026 par rapport à 2025. Celui des locations à plus de 100 000 dollars (86 000 euros) par mois a été multiplié par sept. Le bail le plus cher enregistré cette année concerne un penthouse dans le quartier de Chelsea, loué pour 177 000 dollars (152 500 euros) mensuels.

Causes de la flambée des prix

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse historique des loyers à Manhattan. Les courtiers immobiliers citent notamment le gel des loyers des logements stabilisés, une mesure qui limite les augmentations pour certains types de logements afin de protéger les locataires. Une nouvelle taxe sur les résidences secondaires, instaurée par le maire de New York Zohran Mamdani, a également contribué à cette situation. Cette taxe vise à décourager l’achat de logements par des investisseurs étrangers ou des propriétaires secondaires, souvent des ultra-riches. Enfin, la ville fait face à une crise du logement historique, avec un manque flagrant d’offres disponibles, aggravé par un ralentissement des constructions neuves en raison de la hausse des coûts et des restrictions de financement.

Ce que ça pourrait changer

Cette situation a des répercussions sur l’ensemble du marché immobilier new-yorkais. Malgré un marché du travail local moins dynamique, les loyers continuent d’augmenter. Selon *Yardi Matrix*, une plateforme spécialisée dans l’immobilier, une nouvelle hausse de 3,1 % des loyers pourrait survenir si la tendance actuelle se poursuit. Les experts soulignent que la croissance des loyers à Manhattan est la plus forte des États-Unis, reflétant une pénurie persistante de logements. Les données de *CRE Daily*, une société de médias spécialisée dans l’immobilier commercial, confirment que l’offre reste insuffisante, avec un taux d’occupation record et des délais de livraison de nouveaux logements en baisse.

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