Un groupe indépendantiste albertain publie son « plan de transition »
Un expert en droit constitutionnel qualifie le plan d'« irréaliste »..
Un groupe indépendantiste albertain, le Conseil de transition de l’Alberta, a publié un rapport détaillant un plan de transition pour organiser une éventuelle séparation de la province du reste du Canada. Ce document propose des mesures concrètes pour gérer cette hypothèse, comme le contrôle de la circulation aérienne, la rédaction d’une nouvelle constitution ou encore la définition des relations avec les Premières Nations (peuples autochtones du Canada). L’objectif affiché est de montrer que cette transition pourrait se faire sans chaos, en s’appuyant sur les infrastructures et institutions existantes. Par exemple, l’avocat Keith Wilson, porteur du projet, explique que les aéroports ne seraient pas fermés, mais simplement gérés par une nouvelle équipe. Ce plan vise à rassurer la population sur la faisabilité d’une indépendance albertaine, même si les détails restent à préciser.
Le professeur Errol Mendes, expert en droit constitutionnel à l’Université d’Ottawa, critique ce plan en le qualifiant d’irréaliste, notamment en raison de la complexité des négociations nécessaires. Selon lui, certains sujets pourraient exiger des années de discussions, voire rester sans solution. Le rapport reconnaît d’ailleurs que l’Alberta indépendante ne pourrait pas tout contrôler : la gestion de la dette, la délimitation des frontières ou encore les pensions de retraite dépendraient de négociations avec le Canada et les Premières Nations. Par exemple, le plan suggère que l’Alberta puisse continuer à utiliser le dollar canadien au début pour limiter les perturbations économiques, tout en laissant ouverte la possibilité d’adopter une monnaie albertaine ou le dollar américain à long terme.
Le plan aborde la question des Premières Nations (peuples autochtones dont les territoires sont situés en Alberta) en affirmant que leur situation ne changerait pas automatiquement avec l’indépendance de la province. Il propose plusieurs options, comme le maintien de leurs relations avec le Canada ou la négociation de nouveaux accords. Cette approche reflète une volonté de ne pas imposer unilatéralement des changements, mais elle laisse aussi planer des incertitudes. Les traités existants, qui encadrent les droits des Autochtones, devraient être renégociés ou adaptés, ce qui pourrait prolonger les tensions ou les débats.
Le plan a suscité des réactions contrastées. La Fondation Canada West a publié un rapport estimant qu’une séparation ne réglerait pas les doléances des Albertains, tandis que Thomas Lukaszuk, leader du groupe fédéraliste Canadiens pour toujours, a qualifié le plan d’absurde, comparant la situation à un divorce où l’un des partenaires voudrait continuer à participer aux décisions du foyer. Ces critiques soulignent les risques économiques et politiques d’une telle démarche. Par ailleurs, le gouvernement albertain a commandé une étude à l’Université de Calgary pour évaluer les coûts d’une éventuelle séparation, dont les résultats seront connus avant le référendum prévu le 19 octobre 2026.
Le calendrier politique albertain s’accélère avec un référendum prévu le 19 octobre 2026, où les habitants devront se prononcer sur l’avenir de la province. Dans les semaines à venir, plusieurs rapports sur les conséquences économiques et sociales d’une séparation seront publiés, dont celui de l’Université de Calgary. Ces documents pourraient influencer le débat public et les choix des électeurs. Pour l’instant, le *Conseil de transition de l’Alberta* insiste sur l’idée que l’indépendance ne signifierait pas une rupture totale avec le Canada, mais plutôt une modification du cadre juridique et des relations entre les deux entités.

