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Géopolitique

Le vol à l’étalage, une tendance sans complexe

Courrier International · mis à jour il y a 16 j

Le vol à l’étalage est tendance sur les réseaux sociaux. Les auteurs de “borrow haul”, littéralement “déballage du butin”, s’affichent sans complexe.

Vol à l’étalage tendance

Au Royaume-Uni, le vol à l’étalage (shoplifting) est perçu différemment par une partie de la population. Autrefois considéré comme un acte de délinquance, il est désormais présenté par certains médias comme une nécessité face à la hausse des prix. Cette tendance s’accompagne d’un phénomène appelé borrow haul (littéralement déballage du butin en français), où des individus affichent publiquement leur butin volé sur les réseaux sociaux, parfois avec humour. Le média britannique Polyester souligne que cette pratique reflète une précarité économique accrue, poussant des consommateurs à voler pour subvenir à leurs besoins. Les réseaux sociaux amplifient cette tendance en normalisant l’acte, notamment via des vidéos où les voleurs montrent leur butin sans complexe.

Cueillette sauvage alternative

Face à la flambée du coût de la vie, une autre tendance émerge au Royaume-Uni : la cueillette sauvage (foraging), qui consiste à récolter des plantes, baies ou champignons comestibles dans la nature. Cette pratique, inspirée des modes de vie préhistoriques, séduit particulièrement les jeunes générations. Le média Dazed explique que la pandémie, les conflits mondiaux et les conditions climatiques extrêmes ont fragilisé les chaînes d’approvisionnement alimentaire, poussant des Britanniques à se reconnecter à la nature pour se nourrir. En 2026, les recherches du mot foraging ont augmenté d’un tiers en un an sur Internet, et des ateliers de cueillette se multiplient dans les zones urbaines comme Leeds ou Sheffield. Des influenceurs, comme Fern Freud (@foragedbyfern) avec 185 000 abonnés, partagent des vidéos de recettes à base de plantes sauvages.

Exemples concrets de cueillette

Elsa Evelyn, 27 ans, pratique la cueillette depuis son enfance dans la région de Winchester. Après avoir déménagé dans le Devon, elle a découvert une abondance de ressources naturelles comme les baies, les myrtilles sauvages, l’hydrocotyle ou la prêle. Récemment, elle a récolté des prunes-cerises et des mûres précoces pour préparer une pavlova, un dessert à base de meringue. D’autres cueilleurs, comme Rebekah Williams, une herboriste de 29 ans, soulignent que cette pratique permet de se réapproprier un savoir ancestral et de réduire la dépendance aux supermarchés. Les citadins peuvent aussi participer à des journées de récolte, par exemple en cueillant des algues ou de l’oseille dans les villes côtières du Kent. Les réseaux sociaux, notamment TikTok, jouent un rôle clé dans la popularisation de cette tendance.

Ce que ça pourrait changer

Si la cueillette sauvage offre une solution temporaire pour certains, elle comporte des risques écologiques. Une cueillette excessive peut épuiser les ressources naturelles, menacer la faune sauvage ou détruire des écosystèmes fragiles. Le National Trust, une organisation britannique de protection de la nature, rappelle l’importance de respecter un *code de conduite* basé sur trois principes : *respecter, protéger et profiter*. Quant au vol à l’étalage, il reste illégal et ne peut être une solution durable pour lutter contre les inégalités d’accès à la nourriture. Ces deux tendances, bien que populaires, ne résolvent pas les problèmes structurels liés à l’inflation et à la précarité économique. Elles reflètent cependant une volonté croissante de se réapproprier des savoirs et des ressources, au sens propre comme au sens figuré.

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