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Généraliste

Le cadeau du métro

Le Devoir · mis à jour il y a 19 j

Le métro de Montréal est un legs à la postérité..

60 ans de métro

Le 60e anniversaire du métro de Montréal, célébré en 2026, rappelle une époque où la ville affichait des ambitions de grandeur et d’innovation. À sa création, le métro était perçu comme un symbole de modernité et de prestige, transformant l’image de Montréal. Les stations, conçues avec des œuvres d’art et des aménagements soignés, reflétaient cette volonté de rayonnement international. Le métro est devenu un élément central de l’identité montréalaise, associant transport et culture. Cependant, cet anniversaire sert aussi de rappel : le métro, autrefois écrin de luxe, montre aujourd’hui des signes de dégradation, illustrant un changement de priorités et de gestion.

Dégradation des infrastructures

Le métro de Montréal souffre aujourd’hui d’un déficit d’entretien majeur. Selon la Société de transport de Montréal (STM), une station sur deux est en mauvais état, et le déficit d’investissement atteint 7 milliards d’euros. Les bris d’équipement ont augmenté de 267 % en dix ans, ce qui dégrade l’expérience des usagers. Les voitures M-73, vieilles de 50 ans, illustrent ce vieillissement : elles seront redéployées sur la ligne verte malgré leur obsolescence. Le manque d’entretien menace la qualité du service et la sécurité des voyageurs, posant un défi urgent pour les autorités.

Incivilités et insécurité

Les incivilités et l’insécurité dans le métro de Montréal sont devenues des problèmes majeurs. Ces phénomènes, souvent associés à une tolérance excessive, nuisent à l’image du réseau et à la qualité de vie des usagers. L’article souligne que le métro n’est pas un refuge pour les personnes en situation d’itinérance, mais un actif public à préserver. Ces problèmes reflètent, selon l’auteur, une faille dans la gestion politique de l’itinérance à Montréal, où le métro est parfois utilisé comme un faux-semblant pour masquer l’absence de solutions structurelles.

Projets et promesses politiques

Lors de la campagne électorale de 2026, le Parti québécois et son chef désigné, Paul St-Pierre Plamondon, ont proposé des solutions pour moderniser le métro. Parmi leurs promesses figurent le remplacement des voitures M-73, le bouclage des stations Anjou (ligne bleue) et Honoré-Beaugrand (ligne verte), ainsi qu’un nouveau lien structurant entre Pointe-aux-Trembles et Repentigny. Ces projets visent à améliorer la desserte et la qualité du réseau, mais leur réalisation dépendra des financements disponibles et de la volonté politique.

Financement insuffisant

Le financement du transport collectif à Montréal est jugé insuffisant depuis 13 ans. Selon un rapport de l’Alliance Transit, les enveloppes allouées ne couvrent que le cinquième des besoins réels de la STM. Pour éviter que la situation ne se dégrade davantage, il faudrait investir plus d’un demi-milliard d’euros par an. Ce retard abyssal menace la pérennité du métro, qui nécessite un réinvestissement massif. Le débat sur le financement inclut des pistes comme l’indexation de la taxe sur les carburants, des péages ou une tarification kilométrique, mais ces solutions restent politiquement sensibles.

Rôle social du métro

Le métro de Montréal joue un rôle clé dans l’égalité des chances et la mobilité sociale. Il permet aux citoyens de toutes les classes sociales d’accéder facilement aux services et aux emplois, favorisant ainsi la cohésion sociale. Le réseau est aussi un levier pour la densification urbaine et une utilisation responsable de l’espace, en encourageant les déplacements sans voiture. Cependant, l’article souligne que le développement du métro ne s’accompagne plus d’un idéal de justice sociale, comme en témoigne l’absence d’extension vers des quartiers comme Montréal-Nord ou Rivière-des-Prairies.

Ce que ça pourrait changer

Face à la dégradation du métro, l’urgence d’agir est soulignée. Le réseau, décrit comme une *colonne vertébrale* du développement de Montréal par Aref Salem, président du conseil d’administration de la STM, mérite un réinvestissement massif. Ce n’est pas une dépense superflue, mais un investissement pour l’avenir. Sans action rapide, le métro risque de perdre son attractivité au profit d’autres modes de transport, mettant en péril les objectifs de mobilité durable et de lutte contre les changements climatiques. La question du financement reste centrale pour éviter une détérioration irréversible.

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