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Géopolitique

“The Social Reckoning” : ce que la lanceuse d’alerte sur Facebook pense du film qu’elle a inspiré

Courrier International · mis à jour 7 oct.

Frances Haugen, ancienne salariée de Facebook, a révélé en 2021 certains manquements du réseau social en matière de modération. Elle est incarnée par Mikey Madison dans “The Social Reckoning”, le nouveau film d’Aaron Sorkin, qui sort ce 7 octobre en France.

Lanceuse d’alerte et révélations

Frances Haugen est une ancienne employée de Facebook devenue une lanceuse d’alerte après avoir révélé en 2021 des manquements graves du réseau social. En 2021, elle a transmis des milliers de documents internes à The Wall Street Journal, révélant notamment que l’algorithme de Facebook favorisait les discours haineux et poussait les utilisateurs vers des groupes extrémistes. Elle a aussi mis en lumière le lien entre Instagram et des problèmes de santé mentale chez les adolescentes. Ces révélations, appelées les Facebook Files, ont déclenché un débat mondial sur les responsabilités des réseaux sociaux. Frances Haugen a ensuite publié ses mémoires en 2023, traduits en français sous le titre La Vérité sur Facebook.

Film inspiré par son histoire

Le film The Social Reckoning, sorti en France le 7 octobre 2026, s’inspire de l’affaire des Facebook Files. Réalisé par Aaron Sorkin, il raconte l’histoire de Frances Haugen (interprétée par Mikey Madison) et du journaliste Jeff Horwitz (Jeremy Allen White) du Wall Street Journal, qui a publié les premières révélations. Le film est conçu comme une suite spirituelle de The Social Network (2010), qui retraçait les débuts de Facebook. Contrairement à ce premier film, The Social Reckoning adopte un ton beaucoup plus critique envers le réseau social et son fondateur, Mark Zuckerberg. Frances Haugen a accepté que ses mémoires servent de base à l’adaptation cinématographique.

Réactions de Haugen au film

Frances Haugen a exprimé sa satisfaction quant à l’adaptation cinématographique de son histoire. Elle apprécie que le film parvienne à rendre accessible des enjeux techniques complexes, comme le fonctionnement des algorithmes ou les mécanismes internes de Facebook, à un public large. Elle a cependant souligné quelques écarts avec la réalité, comme la représentation du bureau de Mark Zuckerberg, jugé trop exposé dans le film. Elle a aussi relevé que le personnage de Jeff Horwitz était parfois présenté comme moins compétent qu’en réalité, un choix narratif pour faciliter les explications techniques. Malgré ces détails, elle estime que le film remplit son rôle : éveiller les consciences sur les dangers des réseaux sociaux.

Représentation de Zuckerberg

Dans The Social Reckoning, Mark Zuckerberg est incarné par Jeremy Strong, qui joue un personnage tyrannique et autoritaire. Le film montre un dirigeant obsédé par le contrôle et peu soucieux des conséquences sociales de ses choix. Cette représentation contraste avec la réalité, où Zuckerberg travaille désormais derrière des vitres pare-balles pour des raisons de sécurité. Malgré cette exagération, Frances Haugen voit dans ce portrait une opportunité pour le vrai Zuckerberg de remettre en question son rôle dans la société. Elle espère que le film encouragera une réflexion sur l’éthique des dirigeants des grandes plateformes numériques.

Ce que ça pourrait changer

Frances Haugen souligne l’importance du cinéma comme outil de sensibilisation. Elle estime que *The Social Reckoning* peut toucher un public qui ne connaît pas les *Facebook Files* et ainsi l’inciter à réfléchir aux dérives des réseaux sociaux. Le film aborde des thèmes comme la manipulation algorithmique, la santé mentale des jeunes ou la responsabilité des géants du numérique. Pour Haugen, ces récits sont essentiels pour imaginer des futurs alternatifs et exiger des changements concrets. Le film sort en France deux jours avant sa sortie aux États-Unis, marquant un intérêt international pour cette histoire.

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