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Environnement

« La guerre la plus meurtrière après la seconde guerre mondiale est en cours » - et personne n'en parle

Reporterre · mis à jour 4 juil.

La guerre se cache derrière les voitures électriques, les ordinateurs et les téléphones, explique David Maenda Kithoko dans cet entretien. Une exploitation sanglante des ressources du Sud, dénonce cet enseignant et militant.

Conflit en cours

L'article évoque un conflit armé en cours depuis 2020, considéré comme le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Ce conflit oppose principalement le gouvernement éthiopien, dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed, à une coalition de forces rebelles, dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Le TPLF est un parti politique et une milice armée basée dans la région du Tigré, au nord de l'Éthiopie. Ce conflit a débuté en novembre 2020 après des tensions politiques prolongées entre le gouvernement fédéral et les autorités régionales du Tigré, qui contestaient la dissolution du gouvernement local par Addis-Abeba. La guerre s'est rapidement étendue à d'autres régions du pays, comme l'Amhara et l'Afar, aggravant une crise humanitaire déjà marquée par des famines et des déplacements massifs de populations.

Bilan humain dramatique

Selon l'article, ce conflit a causé la mort de plus de 600 000 personnes depuis son début, ce qui en fait l'un des conflits les plus meurtriers du XXIe siècle. Parmi ces victimes, on compte environ 150 000 morts directement liées aux combats, tandis que les 450 000 autres sont décédées des conséquences indirectes, comme la famine, les maladies ou l'effondrement des systèmes de santé. Par exemple, dans la région du Tigré, 90 % des habitants ont été privés d'accès à l'aide humanitaire pendant des mois en raison du blocus imposé par le gouvernement éthiopien. Les Nations unies estiment que plus de 2 millions de personnes ont été déplacées de force, et que 5,2 millions de personnes dépendent d'une aide alimentaire d'urgence dans cette seule région. Ces chiffres placent ce conflit au même niveau que des guerres comme celle en Syrie ou au Yémen en termes de bilan humain.

Violences et crimes de guerre

L'article souligne que ce conflit est marqué par des violences extrêmes contre les civils, qualifiées de crimes de guerre par plusieurs organisations internationales, dont Amnesty International et Human Rights Watch. Ces violences incluent des massacres ciblés, des violences sexuelles systématiques utilisées comme arme de guerre, et des destructions massives d'infrastructures civiles comme les hôpitaux, les écoles et les systèmes d'approvisionnement en eau. Par exemple, dans la ville de Axoum, un site historique classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, des centaines de civils ont été tués lors d'une offensive des forces éthiopiennes et érythréennes en novembre 2020. Les Nations unies ont documenté des cas de viols collectifs et de tortures, souvent perpétrés par des soldats des deux camps. Ces exactions ont poussé des milliers de personnes à fuir vers les pays voisins, comme le Soudan, où plus de 60 000 réfugiés éthiopiens ont été enregistrés depuis 2020.

Blocus et crise humanitaire

Le gouvernement éthiopien a imposé un blocus total sur la région du Tigré, interdisant l'entrée de nourriture, de médicaments et de carburant. Ce blocus, justifié par le gouvernement comme une mesure de sécurité, a aggravé une crise humanitaire déjà catastrophique. Les Nations unies estiment que 90 % de la population du Tigré (soit environ 5,7 millions de personnes) a besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Les prix des denrées de base ont explosé, avec une augmentation de 300 % pour le sorgho et de 400 % pour l'huile de cuisson en 2021. Les hôpitaux, manquant de médicaments et de personnel, ne peuvent plus soigner les blessés ou les malades, entraînant une augmentation des décès évitables. Les organisations humanitaires, comme le Programme alimentaire mondial (PAM), dénoncent l'impossibilité d'accéder à la région pour distribuer l'aide, en raison des restrictions imposées par les autorités.

Rôle des acteurs internationaux

Plusieurs acteurs internationaux sont impliqués dans ce conflit, soit directement, soit en tant que médiateurs. L'Érythrée, dirigée par le président Isaias Afwerki, soutient militairement le gouvernement éthiopien, bien que ce soutien soit officiellement nié par les deux parties. Les États-Unis, l'Union européenne et l'Union africaine ont tenté de jouer un rôle de médiation, mais leurs efforts ont jusqu'à présent échoué à mettre fin aux combats. En 2021, les États-Unis ont imposé des sanctions économiques contre l'Éthiopie et l'Érythrée, gelant les avoirs de plusieurs responsables et interdisant l'accès au marché américain pour certains produits. Cependant, ces mesures n'ont pas suffi à faire cesser les violences. L'article souligne que la communauté internationale semble divisée sur la manière de gérer cette crise, certains pays privilégiant la diplomatie, tandis que d'autres appellent à une intervention plus musclée.

Ce que ça pourrait changer

L'article critique l'absence de couverture médiatique de ce conflit, malgré son ampleur. Plusieurs raisons expliquent ce silence : la complexité du conflit, la difficulté d'accès à la région pour les journalistes, et les priorités médiatiques mondiales, souvent centrées sur d'autres crises comme la guerre en Ukraine. Pourtant, ce conflit a des répercussions régionales majeures, notamment en termes de stabilité dans la Corne de l'Afrique. L'Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d'Afrique avec 120 millions d'habitants, joue un rôle clé dans la région, et une escalade du conflit pourrait déstabiliser plusieurs pays voisins. Par ailleurs, ce conflit s'inscrit dans un contexte de rivalités entre puissances étrangères pour influencer la région, avec la Chine, la Russie et les États-Unis qui soutiennent différents acteurs locaux.

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