Costa Rica : un paradis vert pour étrangers fortunés
“The Times” vante les charmes du Costa Rica, nouvelle destination prisée des Européens, qui attribue des visas spéciaux pour les nomades numériques, les investisseurs et les rentiers. La réalité du terrain, elle, est plus contrastée..
Le Costa Rica, petit pays d’Amérique centrale, est présenté par le quotidien britannique The Times comme une destination idéale pour les expatriés fortunés, notamment européens. Le pays met en avant sa nature préservée, son mode de vie sûr et abordable, ainsi que son système de santé performant. La culture locale, symbolisée par l’expression pura vida (littéralement « vie pure »), évoque un bien-être et un optimisme marqués. Depuis 2022, le Costa Rica facilite l’installation d’étrangers en proposant des visas spécifiques pour les nomades numériques, les investisseurs et les rentiers. Ces mesures visent à attirer une population aisée, tout en offrant des opportunités de résidence permanente sous conditions financières, comme un investissement immobilier de 150 000 dollars ou la création d’une entreprise locale.
Derrière l’image idyllique promue par les médias internationaux, la réalité du Costa Rica est plus nuancée. Carly Rowena, une expatriée britannique, décrit un quotidien moins confortable que dans son pays d’origine : absence de services de livraison comme Amazon ou Deliveroo, coupures d’électricité et d’eau fréquentes, routes en terre et nourriture moins durable en raison de l’absence de pesticides. Malgré ces contraintes, elle souligne une qualité de vie différente, plus proche de la nature et des rythmes locaux. Pour les moins aventureux, des infrastructures modernes existent près de San José, la capitale, avec des hôpitaux et des écoles internationales. Les coûts de la vie y sont globalement inférieurs à ceux du Royaume-Uni ou de la France, notamment pour l’essence et l’alimentation.
Le Costa Rica a mis en place plusieurs dispositifs pour attirer les étrangers fortunés. Depuis 2022, un visa d’un an est accessible aux nomades numériques, leur permettant de travailler à distance tout en résidant dans le pays. Un permis de séjour de deux ans, renouvelable, est également proposé. Il peut mener à l’obtention de la nationalité costaricaine sous réserve d’un investissement de 150 000 dollars, soit dans l’immobilier, soit dans une entreprise locale. Un visa spécifique existe aussi pour les rentiers, sans obligation d’investissement, mais avec des conditions de revenus à prouver. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie nationale visant à dynamiser l’économie locale grâce à l’afflux de capitaux étrangers.
Le Costa Rica, souvent perçu comme une démocratie stable en Amérique latine, traverse une période de tensions politiques. Le président Rodrigo Chaves, en fonction depuis 2022, est critiqué pour ses attaques répétées contre les médias indépendants, qu’il qualifie d’« assassins politiques ». Cette rhétorique alimente un climat de défiance envers les institutions et les libertés de la presse. Malgré ce contexte, le pays continue de séduire des expatriés en quête d’un cadre de vie alternatif, grâce à ses atouts naturels et économiques. Les visas attractifs et la pura vida restent des arguments forts pour les candidats à l’installation.
Les nouveaux résidents au Costa Rica ne sont plus uniquement des Nord-Américains, mais de plus en plus d’Européens, dont des Français. Adalberto Pucca, expert en mobilité internationale chez Global Citizen Solutions, confirme cette tendance. Les profils varient : des familles avec enfants, comme celle de Carly Rowena, des créateurs de contenu ou des retraités. Les infrastructures modernes près de San José attirent ceux qui recherchent un équilibre entre vie locale et confort occidental. Les loyers y sont élevés, mais restent compétitifs par rapport à d’autres destinations prisées comme le Royaume-Uni. Les services de santé, réputés de qualité, sont accessibles à moindre coût que dans de nombreux pays européens.

