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Afrique du Sud : le mystère de Thulamela s'épaissit, entre trésors volés et mythes effondrés

Science & Vie · mis à jour il y a 20 j

Le royaume aurifère de Thulamela, dans le parc Kruger, n'a jamais été vraiment étudié. Une étude sud-africaine montre que ses collections dorment dans un musée pendant que ses murailles s'effondrent..

Thulamela, cité perdue

Thulamela est une ancienne cité en pierre située dans le parc national Kruger, en Afrique du Sud, dont les vestiges datent du XIIIe au XVIIe siècle. Elle a été découverte en 1993 par des archéologues, révélant des murs de granit imposants, des terrasses et des objets en or, suggérant une civilisation prospère et organisée. Cette cité, associée au peuple Venda, était un centre commercial et politique majeur, mais son histoire reste en partie mystérieuse en raison du manque de sources écrites locales. Les fouilles ont mis au jour des artefacts comme des perles de verre, des poteries et des bijoux en or, témoignant de liens avec des réseaux d'échange lointains, notamment avec la côte est-africaine et l'océan Indien.

Trésors disparus

En 2026, le mystère autour de Thulamela s'épaissit avec la révélation de la disparition de nombreux artefacts précieux, notamment des bijoux en or, des perles et des objets rituels. Ces objets, découverts lors des fouilles des années 1990, auraient été volés ou déplacés illégalement vers des collections privées ou des musées étrangers. Les autorités sud-africaines évoquent des lacunes dans la protection du site et des failles dans les procédures de conservation. Selon des rapports, certains artefacts auraient été exportés illégalement avant même leur étude approfondie, privant la recherche scientifique de données cruciales sur cette civilisation.

Mythes historiques ébranlés

Les découvertes récentes à Thulamela remettent en cause certaines théories historiques établies. Par exemple, l'hypothèse selon laquelle la région aurait été isolée des grands réseaux commerciaux africains est désormais contestée. Les artefacts en or et en verre prouvent des échanges avec des régions comme le Zimbabwe ou l'actuelle Tanzanie, bien avant l'arrivée des colons européens. De plus, l'organisation sociale et politique de Thulamela semble plus complexe que prévu, avec des traces d'une hiérarchie structurée et d'une gestion des ressources sophistiquée. Ces éléments obligent les historiens à réviser leur compréhension des sociétés précoloniales d'Afrique australe.

Enjeux de conservation

La disparition des artefacts de Thulamela soulève des questions urgentes sur la protection du patrimoine archéologique en Afrique du Sud. Les experts soulignent le manque de moyens financiers et humains pour sécuriser les sites comme celui-ci, malgré son importance culturelle et historique. Le parc national Kruger, où se trouve Thulamela, est déjà confronté à des défis liés au braconnage et à la pression touristique. Les autorités locales et les archéologues appellent à une meilleure coopération internationale pour lutter contre le trafic d'objets culturels et financer des fouilles et des restaurations. Sans action, des pans entiers de l'histoire africaine pourraient disparaître à jamais.

Ce que ça pourrait changer

Les fouilles à Thulamela, interrompues depuis plusieurs années, pourraient reprendre si les artefacts volés étaient retrouvés ou si des financements supplémentaires étaient alloués. Pour l'instant, les chercheurs se basent sur des rapports anciens et des photographies pour tenter de reconstituer l'histoire du site. Les objets manquants incluent des éléments clés comme des sceptres en or ou des parures royales, qui pourraient révéler des détails sur le pouvoir politique à Thulamela. Sans ces pièces, la compréhension de cette civilisation reste incomplète, laissant planer un voile de mystère sur son déclin et sa disparition vers le XVIIe siècle.

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