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Feux de forêt en Ontario : le nombre d’évacués dépasse les 2800

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 14 j

On dénombre maintenant plus de 2800 évacués, soit environ 1000 de plus que le bilan présenté par Doug Ford..

Évacuations en hausse

Le nombre de personnes évacuées en raison des feux de forêt dans le Nord-Ouest de l’Ontario a fortement augmenté entre le lundi 21 juillet et le jeudi 23 juillet 2026. Initialement, environ 1 800 personnes avaient été évacuées, mais ce chiffre a dépassé les 2 800 personnes en trois jours, selon les données officielles transmises par Julia Facca, porte-parole du ministère de la Protection civile et de l’Intervention en cas d’urgence. Ces évacuations concernent des communautés situées dans le Nord-Ouest de la province, un territoire vaste et peu peuplé, où les infrastructures de communication et de transport sont parfois limitées. Les chiffres sont collectés directement par le Centre provincial des opérations d’urgence, qui coordonne les actions gouvernementales en cas de catastrophe naturelle. Cette hausse reflète l’aggravation rapide des incendies, dont certains ont détruit des villages entiers en quelques heures.

Communautés autochtones touchées

Dix Premières Nations du Nord-Ouest de l’Ontario sont actuellement évacuées, dont les communautés de Namaygoosisagagun (aussi appelée Première Nation de Collins) et de Whitewater Lake, qui ont été entièrement détruites par les flammes. Ces communautés autochtones, souvent isolées géographiquement, dépendent de forêts et de territoires pour leur mode de vie traditionnel. Leur destruction représente non seulement une perte matérielle, mais aussi un bouleversement culturel et identitaire. Les dirigeants de ces nations soulignent que les feux ont progressé extrêmement vite, parcourant entre 30 et 40 kilomètres en une seule nuit, sans que des avertissements suffisants ne soient donnés par les autorités provinciales. Wilfred King, chef de la Première Nation de Gull Bay, a critiqué la lourdeur bureaucratique des échanges avec le gouvernement, qualifiant la situation d’urgence d’une gestion « incroyable » par manque de réactivité.

Appel à une enquête publique

Face à la gestion critiquée de la crise, plusieurs dirigeants autochtones, dont Wilfred King, réclament une enquête publique pour examiner la réponse du gouvernement ontarien. Cette enquête devrait porter sur plusieurs aspects : la coordination des urgences, les communications avec les communautés, la planification des évacuations et la préparation de la province face à des saisons de feux de plus en plus intenses. Les critiques visent notamment le retard dans la transmission des informations (jusqu’à trois jours) et l’absence de systèmes d’alerte précoce adaptés aux réalités des Premières Nations. L’enquête pourrait également évaluer si les ressources allouées aux évacuations et à la protection des populations sont suffisantes, alors que les feux de forêt deviennent plus fréquents et plus dévastateurs en raison du changement climatique.

Défis des centres d'accueil

Les évacuations posent des défis majeurs aux communautés autochtones, au-delà de la menace des incendies. Dans les centres d’accueil, les familles doivent s’adapter à des environnements souvent peu familiers, comme des chambres d’hôtel exiguës ou des espaces partagés avec d’autres évacués. Les aînés, en particulier, rencontrent des difficultés liées à des barrières linguistiques (notamment pour les langues autochtones) et à un accès limité à des aliments traditionnels, essentiels pour leur bien-être culturel et nutritionnel. Janet Gordon, vice-présidente de la santé communautaire à la Sioux Lookout First Nations Health Authority, a également rapporté des cas de racisme dans certaines communautés d’accueil, ce qui aggrave le stress et l’isolement des évacués. Ces centres, souvent situés loin des territoires traditionnels, ne sont pas toujours préparés à répondre aux besoins spécifiques des populations autochtones.

Ce que ça pourrait changer

L’isolement et le déplacement forcé des communautés autochtones soulèvent des inquiétudes supplémentaires, notamment en matière de santé mentale et de consommation de substances. Certaines Premières Nations évacuées, comme *Eabametoong* (Fort Hope), sont des **communautés sèches**, où l’alcool et les drogues sont strictement interdits. Pourtant, l’éloignement de leur territoire et la rupture avec leur mode de vie traditionnel peuvent augmenter les risques de rechute ou de consommation problématique. La communauté d’Eabametoong, qui a évacué plus de 940 de ses membres vers Niagara Falls, a demandé à ses habitants d’éviter toute consommation pendant leur séjour et prévoit de mettre en place un soutien psychologique. Janet Gordon souligne que les communautés d’accueil ont un rôle clé à jouer pour orienter les évacués vers des ressources adaptées, comme des groupes de soutien ou des activités culturelles, afin de limiter les impacts négatifs de cette crise.

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