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Plages et baignades : dix conseils pour profiter pleinement de l’océan cet été

Science & Vie · mis à jour il y a 11 j

Que signifie un drapeau jaune sur une plage ? À quel moment les courants de baïnes sont-ils les plus intenses ? Que faire si un courant nous emporte au large ? Le point sur les choses à savoir pour se baigner en toute sécurité..

Préparer sa sortie

Avant de se rendre à la plage, il est essentiel de consulter plusieurs informations pour éviter les dangers. D’abord, vérifier la météo marine, notamment la taille des vagues et l’état des marées, est crucial, surtout sur les côtes atlantiques, en Manche ou en mer du Nord où les différences de hauteur d’eau entre marée basse et marée haute (marnage) peuvent être importantes. Par exemple, des houles longues, avec une période de plusieurs secondes entre deux vagues, génèrent des courants plus puissants et des vagues plus dangereuses que des houles courtes. Ces données sont disponibles sur des sites comme Météo France ou le SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine). Une bonne préparation limite les risques d’accidents liés aux courants ou aux vagues de bord (shore break), ces dernières déferlant brutalement près du rivage dans peu d’eau.

Lire les panneaux

À l’arrivée sur la plage, il est recommandé de lire les panneaux d’information situés près du poste de secours. Ces panneaux indiquent les conditions du jour : température de l’air et de l’eau, taille des vagues, horaires de marée, ainsi que les alertes locales (méduses, orages, etc.). Ils précisent aussi les horaires de surveillance par les nageurs sauveteurs et la signification des drapeaux. Un drapeau vert signifie que la baignade est surveillée et sans danger, jaune qu’elle est surveillée mais avec des risques limités, et rouge qu’elle est interdite. Si aucun drapeau n’est visible, la baignade n’est pas surveillée et comporte des risques. En 2022, la France a adopté une signalétique internationale pour les zones de bain, remplaçant les anciens drapeaux triangulaires bleus par des drapeaux rectangulaires bicolores jaune et rouge.

Respecter les zones

Les zones de bain sécurisées sont délimitées par deux drapeaux rectangulaires jaune et rouge. Elles sont réservées exclusivement à la baignade et interdites aux activités nautiques comme le surf. À l’inverse, les zones de surf sont signalées par un drapeau à damier noir et blanc. Ces zones sécurisées, choisies pour leurs conditions favorables, permettent une surveillance optimale par les nageurs sauveteurs et réduisent les risques d’accident. Leur mise en place vise à améliorer la sécurité des baigneurs en facilitant une intervention rapide en cas de besoin. En France, cette signalétique est obligatoire depuis 2022, conformément aux standards internationaux.

Observer avant d’entrer

Avant de se jeter à l’eau, il est important d’observer les conditions pendant quelques minutes. Une exposition prolongée au soleil peut provoquer une réaction physiologique appelée hydrocution (ou choc thermique), où un brusque changement de température entre l’air chaud et l’eau froide peut entraîner un malaise, une perte de connaissance, voire un arrêt cardiaque dans de rares cas. Pour l’éviter, il est conseillé d’éviter une exposition trop longue au soleil avant de se baigner. De plus, il ne faut jamais plonger la tête la première si l’on ne connaît pas la profondeur du fond, car le risque de blessure, notamment aux vertèbres cervicales, est réel. Les vagues de bord (shore break), même de taille modeste, peuvent projeter violemment les baigneurs contre le sable. Pour les éviter, il est recommandé de passer sous la vague plutôt que de chercher à la sauter.

Connaître ses limites

Savoir nager est indispensable pour se baigner en mer, mais les compétences acquises en piscine ne suffisent pas. Les vagues, les courants et l’absence de repères rendent l’océan bien plus dangereux. Les études montrent que les hommes sous-estiment souvent leurs capacités en raison de biais cognitifs, c’est-à-dire des mécanismes psychologiques qui les poussent à retenir uniquement les informations rassurantes. Ces biais sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes, qui adoptent généralement une attitude plus prudente. Selon les données des enquêtes NOYADES 2018 et 2021 de Santé publique France, les noyades graves concernent davantage les hommes. Il est donc essentiel de rester humble et de ne pas surestimer ses aptitudes.

Surveiller les enfants

Les jeunes enfants se noient principalement en piscine, mais les adolescents et les adultes sont plus exposés aux accidents en milieu naturel. Les tout-petits nécessitent une surveillance constante, car les dispositifs comme les brassards ou les bouées ne remplacent pas la présence d’un adulte. Même sur la plage, il est préférable de construire des châteaux de sable plutôt que de creuser des trous, car ces derniers peuvent s’effondrer et ensevelir partiellement ou totalement une personne, surtout un enfant. Pour les adolescents, la prévention ne se limite pas à l’apprentissage de la natation. Les parents jouent un rôle clé, notamment en montrant l’exemple et en maintenant une vigilance constante, même lorsque les enfants grandissent.

Gérer les courants

Les courants d’arrachement sont des courants intenses et étroits qui entraînent les baigneurs vers le large. Ils se forment lorsque l’eau de la zone de déferlement trouve un passage pour retourner en mer, souvent via des chenaux sous-marins dans les bancs de sable. En France, ces courants sont particulièrement présents dans le sud-ouest (courants de baine), où ils peuvent atteindre une vitesse d’un mètre par seconde, même avec une houle moyenne. Ils se forment aussi en Méditerranée, notamment près des épis et des digues rocheuses. Si un baigneur est emporté, il ne faut pas lutter contre le courant mais flotter pour économiser ses forces et signaler sa présence avec de grands mouvements de bras. La panique aggrave souvent les risques, et des techniques comme la concentration sur la respiration aident à garder son calme.

Éviter les secours improvisés

Chaque année, de nombreuses noyades surviennent lorsque des personnes tentent de porter secours à quelqu’un sans formation. Sur une plage, il ne faut jamais se précipiter dans l’eau pour aider une personne en difficulté, car cela peut mettre en danger deux vies au lieu d’une. Si aucun nageur sauveteur n’est présent, il faut immédiatement appeler le 112 ou le 196 (numéro des secours en mer) pour alerter les secours. Pour les personnes pratiquant des activités nautiques comme le surf, une planche peut servir de support pour se reposer ou aider une autre personne en difficulté. Ces gestes simples permettent d’éviter des accidents supplémentaires tout en attendant l’arrivée des secours.

Éviter l’alcool

La consommation d’alcool est souvent interdite sur les plages par arrêté municipal, car elle augmente considérablement les risques d’accidents. Les vagues de chaleur estivales poussent certains à prolonger leurs activités en soirée, ce qui peut inciter à consommer de l’alcool alors que la baignade n’est plus surveillée. Plusieurs études scientifiques ont démontré que l’alcool aggrave les risques de noyade. Il est donc crucial de rester vigilant et de ne pas relâcher sa prudence, même lors de moments festifs. Rester sur la plage pour admirer un coucher de soleil est une alternative plus sûre.

Ce que ça pourrait changer

Les nageurs sauveteurs consacrent une grande partie de leur temps à la prévention et à la sensibilisation des baigneurs. Il est possible de les rencontrer pour en apprendre davantage sur leur métier. Dans les Landes, le syndicat mixte de gestion des baignades landaises (*SMGBL*) propose des initiatives comme le dispositif *NSXL Tour*, qui permet de passer quelques heures dans la peau d’un nageur sauveteur pour découvrir leur quotidien. Depuis peu, le SMGBL a lancé la *NSXL Académie*, offrant des sessions gratuites d’initiation au sauvetage professionnel. Pour les plus jeunes, le programme *Junior Lifeguard* en Charente-Maritime initie gratuitement aux gestes de secours, aux règles de sécurité et à l’environnement côtier. Ces expériences peuvent même susciter des vocations, comme rejoindre un club de sauvetage aquatique ou participer à des compétitions internationales.

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