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Géopolitique

Le quotidien des migrants expulsés en Afrique par l’administration Trump : “Mon monde s’est écroulé”

Courrier International · mis à jour il y a 2 j

Au moins 475 personnes ont été expulsées vers des pays africains par les États-Unis entre le 20 janvier 2025 et le 10 septembre 2026. Dans les centres de détention de Bangui, en Centrafrique, ou de Mbabane, en Eswatini, certains d’entre eux documentent leur quotidien.

Expulsions massives d'immigrés

Entre le 20 janvier 2025 et le 10 septembre 2026, l'administration de Donald Trump a expulsé au moins 475 migrants vers des pays africains, selon les données de Third Country Deportation Watch, un projet de l'ONG américaine Human Rights First. Ces expulsions concernent principalement des ressortissants latino-américains, souvent des Cubains, Honduriens ou Nicaraguayens, jugés par les tribunaux américains comme risquant la persécution ou la torture s'ils étaient renvoyés dans leur pays d'origine. Les transferts se font par avion, sans consultation préalable des pays de destination. Par exemple, Yasmani Moreno de Armas, un Cubain de 31 ans, a été arrêté en Floride le 11 mai 2025 avant d'être envoyé en Centrafrique après plusieurs mois de détention aux États-Unis. Il ignorait même son lieu d'expulsion pendant le vol, ne l'apprenant qu'après plus de deux heures de trajet.

Conditions de détention en Afrique

Une fois arrivés en Afrique, les migrants expulsés se retrouvent dans une situation juridique et administrative très précaire. Ils sont souvent placés dans des prisons de haute sécurité ou hébergés dans des hôtels surveillés par les autorités locales, comme à Bangui en Centrafrique. Tous sont privés de leurs papiers d'identité, ce qui les empêche de prouver leur identité ou leur statut. Leur situation est décrite comme un piège juridique : les États-Unis considèrent qu'ils ne sont plus sous leur responsabilité une fois l'expulsion effectuée, tandis que les pays africains, comme la Centrafrique, peuvent refuser de leur accorder un statut migratoire ou une protection durable. Leur pays d'origine, quant à lui, ne peut parfois pas les accueillir en raison d'une situation politique instable ou de menaces pour leur sécurité, selon le droit international.

Témoignages et conséquences

Les migrants expulsés décrivent un bouleversement total de leur vie. Brayan Omar Sánchez, un Hondurien expulsé vers la Centrafrique, a expliqué avoir été séparé de sa famille, déclarant : « Mon monde s'est écroulé ». Les expulsés, comme Yasmani Moreno de Armas, utilisent les réseaux sociaux pour partager leur calvaire, mais leur situation reste largement méconnue. Les journalistes d'El País ont pu recueillir les témoignages d'une dizaine d'entre eux, révélant des conditions de vie difficiles et une absence de perspectives. Les autorités américaines, représentées par l'ICE (Immigration and Customs Enforcement, la police de l'immigration américaine), ne communiquent pas sur le sort réservé à ces personnes une fois qu'elles ont quitté le territoire des États-Unis.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette crise. L'administration Trump, via l'*ICE*, est responsable des expulsions et des transferts forcés vers l'Afrique. Les pays africains, comme la Centrafrique, accueillent ces migrants malgré l'absence de liens avec eux, souvent sous la pression ou par manque de moyens pour refuser. Les ONG comme *Human Rights First*, à travers son projet *Third Country Deportation Watch*, documentent ces expulsions et tentent de sensibiliser l'opinion publique. Les médias, notamment *El País*, jouent également un rôle en relayant les témoignages des expulsés, comme celui de Yasmani Moreno de Armas ou Brayan Omar Sánchez, qui décrivent leur désarroi face à une situation qu'ils n'avaient pas anticipée.

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