L’administration Trump retire la candidature de Lance Schroyer à la tête de l’ICE
L’agence fait toujours l’objet d’une surveillance étroite concernant sa gestion des opérations de contrôle..
L’administration du président américain Donald Trump a annoncé le 17 septembre 2026 le retrait de la candidature de Lance Schroyer pour diriger l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), une agence fédérale américaine chargée du contrôle de l’immigration et des douanes. Ce retrait signifie que l’ICE, dont le rôle est central dans la politique migratoire de Trump, reste sans directeur confirmé par le Sénat américain. Schroyer, un ancien agent de police de l’État de l’Oklahoma, était proche de Markwayne Mullin, secrétaire à la Sécurité intérieure (DHS, Department of Homeland Security), un poste clé dans l’administration Trump. Aucune explication n’a été fournie par la Maison-Blanche pour justifier ce retrait.
Lance Schroyer, nommé en juin 2026, était présenté par Trump comme un patriote doté d’une expérience opérationnelle et d’un leadership dans la gestion des criminels dangereux. Cependant, son profil contrastait avec les exigences traditionnelles pour ce poste : il avait peu d’expérience en matière d’immigration ou de gestion d’agences fédérales. Son lien avec Mullin, un ancien sénateur républicain de l’Oklahoma, a pu jouer en sa faveur, mais n’a pas suffi à obtenir l’approbation du Sénat. Trump avait souligné ses décennies d’expérience dans l’incarcération, un domaine éloigné des missions de l’ICE, qui incluent les arrestations, les expulsions et les enquêtes sur les réseaux criminels transnationaux.
Ce retrait intervient dans un contexte de tensions autour de l’ICE, critiquée pour sa gestion des opérations de contrôle. Depuis le début de l’année 2026, plusieurs incidents ont marqué l’agence : des agents de l’ICE ont tué trois personnes, dont deux citoyens américains, lors d’opérations à Minneapolis (Minnesota), au Texas et dans le Maine. Ces événements ont suscité des questions sur les méthodes de recrutement et de formation des agents, alors que l’ICE a embauché des milliers de nouveaux effectifs pour appliquer la politique d’expulsions massives promise par Trump. Le sénateur Rand Paul, républicain et président d’une commission sénatoriale clé, avait bloqué l’audition de Schroyer tant que le DHS ne lui fournissait pas d’informations sur ces décès.
Le sénateur Rand Paul, membre du parti républicain comme Trump, a refusé d’organiser une audition pour Schroyer tant que le DHS n’avait pas répondu à ses demandes d’information sur les décès de civils lors d’opérations de l’ICE. Il a expliqué avoir attendu en vain des détails sur les enquêtes internes menées par l’agence. Le retrait de la candidature de Schroyer a été annoncé publiquement par la Maison-Blanche sans que Paul en soit informé à l’avance, illustrant les tensions entre les branches exécutive et législative. Depuis l’administration Obama, l’ICE n’a pas eu de directeur confirmé par le Sénat, une situation qui limite sa capacité à mener des réformes ou à répondre aux critiques.
Les arrestations effectuées par l’ICE ont atteint un pic en août 2026, avec près de 51 000 interpellations, soit le nombre mensuel le plus élevé depuis le début du second mandat de Trump. Cette hausse reflète l’application stricte de sa politique migratoire, malgré les promesses de modération faites par Mullin en mars 2026, qui avait évoqué une approche plus discrète. L’ICE, qui emploie des milliers d’agents, est aussi sous le feu des projecteurs pour ses méthodes de formation, jugées dysfonctionnelles par un ancien responsable. Deux contrats récents, d’une valeur non précisée, ont été attribués à une filiale de l’entreprise canadienne GardaWorld pour soutenir les opérations de l’agence.
La Maison-Blanche n’a pas indiqué quand une nouvelle nomination pour diriger l’ICE serait proposée. En attendant, l’agence est dirigée par David Venturella, un ancien cadre d’une entreprise privée de prisons, qui occupe le poste de directeur par intérim depuis le début de l’année 2026, après le départ de Todd Lyons. Ce vide prolongé à la tête de l’ICE soulève des questions sur la stabilité de l’agence et sa capacité à mener des réformes, notamment après les critiques récurrentes sur ses pratiques. Les prochaines semaines pourraient voir émerger un nouveau candidat, mais le processus de confirmation au Sénat reste incertain dans un contexte politique polarisé.

