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Vingt ans depuis la fusillade au Collège Dawson : « Je ne veux pas qu’on oublie »

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 8 j

Les survivants demandent à Mark Carney un resserrement du contrôle des armes à feu..

Le drame de 2006

Le 13 septembre 2006, une fusillade a eu lieu au Collège Dawson, un établissement scolaire de Montréal. Un tireur a ouvert le feu, tuant Anastasia De Sousa, une étudiante de 18 ans, et blessant 19 autres personnes. Anastasia était décrite comme une jeune femme joyeuse, passionnée par la musique, la danse et la mode, et étudiait le commerce pour devenir entrepreneure. Sa mère, Louise De Sousa, se souvient encore de leur dernière interaction ce matin-là : Anastasia avait refusé son offre de l’accompagner à l’école. Le tireur, en possession de trois armes légalement acquises, a visé des étudiants de manière aléatoire avant de se suicider après avoir été blessé par la police. Ce drame a profondément marqué les familles des victimes et les survivants, dont certains souffrent encore de séquelles physiques et psychologiques.

La mémoire d'Anastasia

Vingt ans après la fusillade, Louise De Sousa refuse que sa fille soit oubliée. Elle évoque régulièrement Anastasia, partageant des souvenirs avec ses petites-filles et perpétuant sa mémoire. Pour elle, le deuil ne se limite pas à la douleur personnelle : il inclut aussi les 19 victimes blessées, dont certaines luttent encore contre des problèmes de santé. Louise De Sousa a transformé sa souffrance en engagement, notamment en rejoignant l’organisation PolySeSouvient, un groupe militant pour un meilleur contrôle des armes à feu au Canada. Fondé en 1989 après le massacre de l’École Polytechnique de Montréal, ce mouvement milite pour des lois plus strictes sur la possession et l’usage des armes.

La loi Anastasia

En 2008, deux ans après la fusillade, le Québec a adopté une loi nommée Anastasia en hommage à la jeune victime. Cette loi interdit la possession d’armes à feu dans les établissements scolaires, les garderies et les transports publics et scolaires. Cependant, la réglementation sur les armes relève principalement du gouvernement fédéral canadien. Louise De Sousa critique le manque de progrès au niveau fédéral, soulignant que les mesures varient selon les gouvernements en place : « Selon qui est au pouvoir, on fait deux pas en arrière, un pas en avant, puis ils s’arrêtent. » Elle rappelle que le tireur avait utilisé des armes acquises légalement, ce qui a motivé son engagement pour des réformes plus strictes.

Les demandes fédérales

Dans une lettre ouverte adressée au premier ministre canadien Mark Carney, Louise De Sousa et d’autres survivants de la fusillade ont formulé trois demandes prioritaires pour renforcer le contrôle des armes. Premièrement, ils réclament la relance du programme de rachat et de retrait des armes d’assaut, dont seulement la moitié ont été retirées depuis leur interdiction en 2020. Ils dénoncent également la prolongation de l’amnistie (période durant laquelle les propriétaires peuvent déclarer leurs armes sans sanction) annoncée en juin 2026, qui maintient un risque pour la sécurité publique. Deuxièmement, ils demandent l’interdiction du fusil SKS, une arme semi-automatique liée à plusieurs tueries de masse. Enfin, ils veulent combler une faille permettant la vente de chargeurs modifiables, qui augmentent la capacité des armes, et limiter les dérogations pour les athlètes concernant la possession d’armes de poing.

Les survivants s'engagent

Les survivants de la fusillade, comme Meaghan Hennegan (première personne touchée par les balles) et Hayder Kadhim (blessé à la tête, au cou et au mollet), ont également pris part à l’engagement pour un meilleur contrôle des armes. Meaghan Hennegan, impliquée dans PolySeSouvient, a signé la lettre au premier ministre et milite pour des actions concrètes. Hayder Kadhim a fondé l’organisme Youth 4 Youth, qui organise des ateliers dans les écoles québécoises pour sensibiliser les jeunes à la violence et à l’intimidation. Pour lui, un changement passe par une meilleure prise en compte des autres : « Si nous pouvions juste nous soucier un peu plus des autres, je pense que cela pourrait faire la plus grande différence. »

Ce que ça pourrait changer

La fusillade du Collège Dawson s’inscrit dans une série de tragédies liées aux armes à feu au Canada, comme le massacre de l’École Polytechnique de Montréal en 1989 ou la récente fusillade de Côte-des-Neiges à Montréal en 2026, où le fusil *SKS* a été utilisé. Les familles des victimes et les survivants soulignent que les progrès législatifs restent insuffisants, malgré des avancées comme l’interdiction de nombreuses armes de type *assaut* et le gel des ventes d’armes de poing. Ils rappellent que les mesures fédérales dépendent des priorités politiques, souvent fluctuantes. Leur combat vise à protéger les établissements scolaires et la population, tout en honorant la mémoire des victimes comme Anastasia De Sousa.

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