La base de Wainwright, en Alberta
Le site accueille les Forces armées pour des exercices en conditions réelles, avant leur déploiement..
La base militaire de Wainwright se situe dans la province de l’Alberta, à l’est de la ville d’Edmonton, à environ deux heures de route. Elle s’étend sur un territoire de 600 km², principalement composé de prairies et de peupliers faux-trembles, avec un relief vallonné. Ce paysage varié est particulièrement adapté pour l’entraînement des Forces armées canadiennes, car il permet de simuler des conditions réelles de combat. Le site est géré par le ministère de la Défense nationale depuis 1939, date à laquelle il a remplacé un ancien parc national dédié à la protection des bisons. Entre 1945 et 1946, plus de 1 000 officiers allemands y ont été internés après la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, la base abrite le Centre canadien d’entraînement aux manœuvres, qui dépend du Centre de la doctrine et de l’instruction de l’Armée canadienne. Elle accueille également le centre d’instruction de la 3e Division du Canada, qui regroupe toutes les unités régulières et de réserve de l’Ouest canadien, de l’océan Pacifique jusqu’à Thunder Bay en Ontario. Wainwright est notamment utilisé pour former les militaires avant leur déploiement en Afghanistan, dans des missions de maintien de la paix ou en zones de guerre. Les exercices y sont conçus pour reproduire des scénarios réalistes de combat, avec des manœuvres à grande échelle, l’utilisation de véhicules blindés, d’armes et même de munitions réelles. Chaque année, la base organise par exemple l’exercice Maple Resolve, une simulation de combat en collaboration avec l’armée américaine, impliquant des milliers de soldats.
La base de Wainwright présente des conditions environnementales particulières qui influencent les entraînements militaires. Elle est balayée par des vents extrêmes, pouvant atteindre 100 km/h, été comme hiver. Ces vents peuvent modifier la trajectoire des feux, comme cela s’est produit lors de la tragédie du 18 octobre 2026, où un incendie s’est propagé de manière imprévisible. Par ailleurs, les ressources en eau sont limitées : seule une rivière, la Battle River, traverse le site, tandis qu’un lac se trouve dans le nord, utilisé par les pompiers en cas d’urgence. Ces contraintes géographiques ajoutent une difficulté supplémentaire aux exercices et aux interventions en cas de sinistre.
La base de Wainwright est située à proximité de la ville du même nom, qui compte environ 7 000 habitants. Les résidents sont habitués aux exercices militaires, aux bruits de détonations et aux activités de la base, car celle-ci est l’une des plus actives du Canada. La ville est située sur le territoire du Traité numéro 6, signé en 1876 avec les peuples autochtones. Les habitants entretiennent des relations étroites avec les militaires, certains étant d’anciens soldats ou réservistes, et leurs enfants fréquentant les mêmes écoles ou jouant dans les mêmes équipes sportives. Le maire de Wainwright, Bruce Pugh, a souligné l’importance de ces liens lors de la tragédie du 18 octobre 2026.
Malgré des procédures de sécurité strictes, les exercices militaires sur la base de Wainwright comportent des risques inévitables. Les entraînements utilisent des munitions réelles, des chars d’assaut et des canons, ce qui expose les soldats à des dangers potentiels. Des équipes médicales sont toujours présentes sur place, mais le risque zéro n’existe pas. Plusieurs accidents mortels ont eu lieu ces dernières années : en 2014, un véhicule blindé s’est renversé, tuant un lieutenant-colonel ; en 2017, un autre accident a causé la mort d’un sergent ; en 2020, un soldat a été tué par balle lors d’un exercice de tir. Ces incidents rappellent que l’entraînement, bien que nécessaire, comporte des dangers.
Samedi 18 octobre 2026, un incendie a ravagé une partie de la base de Wainwright, causant au moins 4 morts et 39 blessés. Selon les autorités, il s’agit d’une tragédie sans équivalent dans l’histoire récente des Forces armées canadiennes. Le feu, déclenché près de la zone d’entraînement du *3e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry*, s’est propagé rapidement en raison des vents violents, rendant la situation imprévisible. Les commandants militaires devront expliquer les causes de cet incident et mettre en perspective ses conséquences pour les soldats. Malgré la gravité de l’événement, les entraînements devraient reprendre dès la fin de l’enquête, car la base reste essentielle à la préparation des militaires canadiens.

