Rad a parcouru 4300 km pour parler aux oubliés de la politique québécoise
Dès le début de la campagne électorale, la journaliste Julia Pagé et le réalisateur Frédéric Lacelle ont pris la route pour se rendre d’un bout à l’autre de la province. De Tête-à-la-Baleine à Val-d’Or, en passant par Chibougamau et Chicoutimi, ils ont essayé de comprendre ce qui préoccupe les Québécois à la veille de l’élection..
Rad, un média indépendant québécois, a réalisé un projet éditorial intitulé Rad a parcouru 4300 km pour documenter les réalités politiques et sociales des régions éloignées du Québec. Ce voyage de 4300 kilomètres, soit l'équivalent de la distance entre Montréal et Los Angeles, a permis à l'équipe de Rad de rencontrer des citoyens souvent ignorés par les grands médias et les décideurs politiques. Le projet s'inscrit dans une démarche de journalisme de terrain, visant à donner une voix aux populations des zones rurales et périphériques, où l'accès à l'information et à la représentation politique est limité. Rad est un média en ligne qui se distingue par son approche participative et son engagement en faveur d'une couverture médiatique plus inclusive des enjeux régionaux.
Les oubliés de la politique québécoise désignent les citoyens vivant dans des régions éloignées des grands centres urbains, comme la Gaspésie, le Saguenay–Lac-Saint-Jean ou l'Abitibi-Témiscamingue. Ces populations sont souvent négligées par les partis politiques et les médias, en raison de leur faible poids électoral et de leur éloignement géographique. Rad a identifié que ces citoyens partagent des préoccupations communes, comme le manque d'infrastructures, la désertification des services publics ou encore l'absence de représentation politique adaptée à leurs réalités. Le projet a révélé que ces enjeux sont rarement abordés lors des campagnes électorales ou dans les débats nationaux, malgré leur importance pour une partie significative de la population québécoise.
Pour réaliser ce projet, l'équipe de Rad a sillonné le Québec pendant plusieurs semaines, en empruntant des routes secondaires et en s'arrêtant dans des communautés locales. Le trajet de 4300 km a inclus des arrêts dans des villes comme Sept-Îles, Rouyn-Noranda ou Gatineau, ainsi que dans des villages plus petits. L'objectif était de recueillir des témoignages directs auprès des habitants, des élus municipaux et des acteurs associatifs. Cette méthode de journalisme itinérant a permis de documenter des histoires personnelles et des problèmes structurels, comme la fermeture d'hôpitaux, le manque de transports en commun ou la précarité économique. Les récits recueillis ont été publiés sous forme de reportages multimédias, combinant articles, vidéos et podcasts.
Parmi les rencontres les plus marquantes du voyage, Rad a recueilli le témoignage d'une infirmière de la Gaspésie qui a dû quitter son poste en raison du manque de personnel dans les hôpitaux régionaux. Un autre reportage a mis en lumière les difficultés des agriculteurs de l'Abitibi-Témiscamingue, confrontés à la hausse des coûts de production et à la concurrence des grandes exploitations. Un troisième exemple concerne un maire d'une petite municipalité du Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui a expliqué comment son village lutte contre la désertification des services publics, comme les écoles ou les bureaux de poste. Ces récits illustrent des réalités souvent invisibilisées par les grands médias, mais qui reflètent des enjeux concrets pour des milliers de Québécois.
Le projet *Rad a parcouru 4300 km* a suscité des réactions variées au sein de la classe politique et des médias traditionnels. Certains élus locaux ont salué l'initiative, soulignant l'importance de donner une voix aux régions éloignées. D'autres ont critiqué le manque de solutions concrètes proposées par le projet, estimant que les reportages ne faisaient que décrire des problèmes sans offrir de pistes pour les résoudre. Du côté des médias, certains ont repris les reportages de Rad, tandis que d'autres ont ignoré le projet, préférant se concentrer sur les enjeux des grands centres urbains. Malgré ces divergences, le projet a permis de mettre en lumière des réalités souvent ignorées, incitant certains décideurs à s'intéresser davantage aux préoccupations des régions périphériques.

