Elle aurait abrité jusqu'à 3 millions d'habitants : une cité antique perdue sous la forêt amazonienne vient d'être découverte grâce à des lasers
Un relevé laser aéroporté a repéré 396 structures géométriques sous la canopée brésilienne, vestiges d'un peuple capable de nourrir des millions d'habitants..
Des chercheurs ont identifié les vestiges d'une cité antique enfouie sous la forêt amazonienne, grâce à une technologie de pointe appelée lidar (Light Detection and Ranging). Cette méthode utilise des lasers pour cartographier le sol à travers la végétation dense, révélant des structures invisibles à l'œil nu. La cité, située dans une région reculée d'Amérique du Sud, aurait abrité jusqu'à 3 millions d'habitants à son apogée, selon les estimations des archéologues. Cette découverte remet en question l'idée largement répandue que l'Amazonie était principalement un espace sauvage et peu peuplé avant l'arrivée des Européens. Les premières traces de cette civilisation remontent à environ 500 avant notre ère, mais son âge d'or se situe entre 500 et 1400 de notre ère.
Le lidar est une technologie de télédétection qui envoie des impulsions laser vers le sol et mesure le temps que met la lumière à revenir après avoir rebondi sur les objets ou le terrain. En analysant ces données, les scientifiques peuvent créer des cartes en 3D du sol, même sous une couverture végétale dense. Cette technique, initialement développée pour l'étude des atmosphères planétaires, est désormais largement utilisée en archéologie pour découvrir des sites enfouis sans avoir à creuser. Dans le cas de cette cité amazonienne, le lidar a permis de révéler un réseau complexe de routes, de places publiques, de canaux et de structures résidentielles, suggérant une organisation urbaine avancée. Les chercheurs estiment que seulement 10 à 20 % du site a été exploré à ce jour.
Cette découverte concerne une civilisation précolombienne, c'est-à-dire antérieure à l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique en 1492. Les archéologues pensent qu'il pourrait s'agir d'une société organisée autour d'une agriculture intensive, capable de nourrir une population aussi nombreuse. Les structures mises au jour incluent des terrasses agricoles, des systèmes de drainage et des plateformes surélevées, suggérant une maîtrise avancée de l'ingénierie hydraulique. Les chercheurs soulignent que cette civilisation, bien que moins connue que les Mayas ou les Incas, a joué un rôle majeur dans l'histoire de l'Amérique du Sud. Les artefacts récupérés sur place, comme des poteries et des outils en pierre, indiquent une culture riche et diversifiée, avec des échanges commerciaux étendus.
Cette découverte transforme la perception de l'Amazonie, souvent considérée comme un espace hostile et peu propice aux grandes civilisations. Les preuves archéologiques suggèrent désormais que cette région était densément peuplée et organisée, avec des réseaux de communication et de commerce complexes. Les chercheurs estiment que la population de cette cité représentait environ 10 % de la population totale de l'Amazonie à l'époque, ce qui est considérable. Cette avancée pourrait également aider à comprendre comment ces sociétés ont géré leur environnement, notamment en matière de déforestation et d'agriculture durable. Les études se poursuivent pour dater plus précisément les différentes phases de développement de la cité et identifier les causes de son déclin, vers le XVe siècle.
Les archéologues prévoient d'intensifier les fouilles sur le site pour en apprendre davantage sur cette civilisation. Les prochaines étapes incluent des analyses au carbone 14 pour affiner la datation des structures, ainsi que des études géologiques pour comprendre l'impact environnemental de cette société. Les chercheurs espèrent également identifier des traces de conflits, de migrations ou de changements climatiques qui pourraient expliquer le déclin de la cité. Parallèlement, des équipes locales et internationales collaborent pour préserver le site et éviter le pillage archéologique. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour l'archéologie amazonienne et pourrait inspirer des recherches similaires dans d'autres régions de la forêt.

