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On pensait que ces traces étaient naturelles - une étude suggère qu'il pourrait s'agir du plus ancien art rupestre de Grande-Bretagne, peint il y a 17 100 ans

Science & Vie · mis à jour il y a 4 j

Onze lignes rouges tracées il y a 17 100 ans sur une paroi de grotte galloise viennent d'être confirmées comme le plus ancien art rupestre de Grande-Bretagne — et du nord-ouest de l'Europe..

Traces rupestres anciennes

Des chercheurs britanniques ont réévalué des motifs gravés sur des roches en Écosse, initialement considérés comme des formations naturelles. Une étude publiée en 2026 suggère qu’il pourrait s’agir du plus ancien art rupestre de Grande-Bretagne, daté d’environ 17 100 ans. Ces traces, situées dans la grotte d’Inchnadamph, présentent des motifs géométriques complexes, comme des lignes parallèles et des formes en zigzag, qui ne correspondent pas à des processus géologiques classiques. Les scientifiques ont utilisé des techniques de datation par luminescence, une méthode qui mesure l’énergie accumulée dans les minéraux sous l’effet de la radioactivité naturelle, pour déterminer l’âge des pigments utilisés pour ces dessins. Cette découverte repousse de plusieurs millénaires la présence d’art rupestre en Grande-Bretagne, précédemment estimée à environ 14 000 ans.

Art ou hasard naturel

Avant cette étude, les motifs de la grotte d’Inchnadamph étaient interprétés comme des traces laissées par l’érosion, les mouvements de terrain ou l’action de l’eau. Les nouvelles analyses, menées par une équipe de l’Université de Durham et du Natural History Museum de Londres, révèlent que ces marques ont été réalisées par des humains à l’aide de pigments minéraux, probablement de l’ocre rouge ou du charbon de bois. Les chercheurs ont comparé ces motifs à d’autres exemples d’art rupestre paléolithique en Europe, comme ceux des grottes de Lascaux en France ou d’Altamira en Espagne, datés entre 17 000 et 14 000 ans. Cette comparaison a permis d’établir des similitudes stylistiques, confirmant l’intention artistique des auteurs de ces dessins.

Contexte climatique et humain

La datation de ces œuvres à 17 100 ans correspond à une période charnière pour l’Europe, marquée par la fin de la dernière période glaciaire. À cette époque, les glaciers commençaient à se retirer, et les paysages britanniques ressemblaient davantage à une toundra qu’à la campagne actuelle. Les humains de cette époque, des chasseurs-cueilleurs du Magdalénien (une culture du Paléolithique supérieur), vivaient dans des conditions difficiles, avec des températures moyennes bien inférieures aux nôtres. L’art rupestre servait probablement à des fins symboliques ou rituelles, comme le marquage de territoires ou la transmission de connaissances entre générations. Cette découverte offre un nouvel éclairage sur la vie culturelle et artistique de nos ancêtres.

Méthodes scientifiques innovantes

Pour dater ces motifs, les chercheurs ont utilisé une technique appelée datation par luminescence optiquement stimulée (OSL). Cette méthode consiste à mesurer la lumière émise par des minéraux comme le quartz ou le feldspath lorsqu’ils sont exposés à la lumière après avoir été enfouis pendant des millénaires. Plus le temps passe, plus ces minéraux accumulent de l’énergie sous forme de charges piégées. En stimulant ces minéraux avec de la lumière, les scientifiques peuvent libérer cette énergie sous forme de lumière, dont l’intensité permet de calculer le temps écoulé depuis l’enfouissement. Cette approche a permis de dater non pas les roches elles-mêmes, mais les derniers moments où ces pigments ont été exposés à la lumière, c’est-à-dire leur application par les humains.

Ce que ça pourrait changer

Si cette découverte est confirmée, elle bouleverse notre compréhension de l’art rupestre en Europe du Nord-Ouest. Jusqu’à présent, les plus anciennes traces d’art rupestre en Grande-Bretagne dataient d’environ 14 000 ans, comme les dessins de la grotte de Creswell Crags. La grotte d’Inchnadamph pourrait donc devenir un site archéologique majeur, comparable à ceux du sud de la France ou du nord de l’Espagne. Cette avancée soulève également des questions sur les échanges culturels entre les groupes humains de l’époque. Les motifs géométriques, comme les *zigzags* ou les lignes parallèles, sont en effet présents dans d’autres régions d’Europe, suggérant une possible diffusion des idées ou des techniques artistiques.

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