Faire le ménage chez soi, c’est aussi nettoyer son âme
Passer le balai permet de chasser les tracas de la vie et d’apaiser notre esprit, raconte ce chroniqueur hongrois dans “Nepszava”. Chaque semaine, “Courrier international” vous propose un billet qui soulève des interrogations sur notre condition moderne en s’appuyant sur des œuvres littéraires, scientifiques et, bien sûr, philosophiques..
L’article explore l’idée que le ménage à domicile ne se limite pas à un acte pratique, mais peut aussi influencer positivement la santé mentale. Selon l’auteur hongrois Sándor Zsigmond Papp, passé un certain âge (souvent autour de la quarantaine ou de la cinquantaine), les individus prennent conscience de la nécessité d’entretenir non seulement leur corps, mais aussi leur esprit. Cette prise de conscience s’apparente à l’entretien d’une machine précieuse, où le nettoyage régulier permet de prévenir l’accumulation de désordres psychologiques. L’auteur souligne que, bien que l’accès à un psychologue soit souvent présenté comme une solution universelle, il existe des alternatives plus accessibles, comme le ménage, pour apaiser l’esprit. Cette idée s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’autonomie individuelle face aux défis de la vie moderne.
L’auteur remet en question l’efficacité des solutions universelles, comme l’accès généralisé à un psychologue, qu’il compare avec ironie à l’aspirine polonaise : ni totalement inefficace ni miraculeuse. Il explique que son père utilisait cette métaphore pour illustrer le fait que certaines solutions, bien que populaires, ne sont pas toujours adaptées à tous les contextes. Selon lui, chaque individu peut, dans une certaine mesure, devenir son propre guérisseur en adoptant des petites astuces du quotidien, comme le ménage. Cette approche ne prétend pas résoudre des traumatismes profonds ou des obsessions, mais elle permet de mieux gérer les difficultés quotidiennes et de réduire le stress accumulé. L’article suggère ainsi une forme d’autonomie dans la gestion du bien-être mental.
L’auteur hongrois s’appuie sur une chronique publiée dans le journal Nepszava pour développer une réflexion philosophique sur le ménage. Il y décrit cette activité comme un moyen de chasser les tracas de la vie et d’apaiser l’esprit, en s’inspirant de traditions littéraires et philosophiques. Le ménage devient alors une métaphore de la purification de l’âme, où l’ordre physique reflète un ordre mental. Cette idée n’est pas nouvelle : elle rejoint des concepts philosophiques anciens, comme celui de la catharsis (purification des émotions) ou de la tabula rasa (table rase), où l’élimination du superflu permet de retrouver une forme de clarté. L’article souligne ainsi le lien entre l’espace physique et l’espace mental, en proposant une approche concrète pour améliorer son bien-être.
L’article original est tiré du journal hongrois *Nepszava* (*La Voix du peuple*), fondé en 1873 à Budapest. Ce quotidien socio-démocrate a joué un rôle clé dans l’histoire de la Hongrie, notamment pendant la période communiste (1945-1989), où il a dû s’adapter aux pressions du régime avant de retrouver son indépendance éditoriale après la chute du bloc soviétique. Aujourd’hui, *Nepszava* est connu pour ses positions critiques envers le national-populisme du Premier ministre Viktor Orbán et ses liens avec les milieux socialistes et libéraux hongrois. L’article de Papp s’inscrit dans cette tradition de réflexion critique, en abordant des thèmes universels comme la santé mentale et l’autonomie individuelle.

