La Russie affirme avoir conquis 2.200 km² en Ukraine cette année, la réalité est plus proche de 80 km²
Selon un institut américain, les gains territoriaux russes depuis le début de 2026 sont sans commune mesure avec ceux revendiqués par Moscou..
En juillet 2026, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir conquis 2 226 km² de territoire ukrainien depuis le début de l'année. Cependant, selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), une organisation indépendante spécialisée dans l'analyse des conflits, les gains territoriaux réels de la Russie s'élèvent à seulement 81 km². Cette différence majeure s'explique par une stratégie de communication du Kremlin visant à présenter une image de force, même si les avancées militaires sont limitées. L'ISW souligne que Moscou utilise des canaux de propagande pour diffuser ces chiffres, qui sont ensuite relayés par les médias d'État, sans vérification indépendante. Cette exagération pourrait influencer la perception du conflit par le président russe Vladimir Poutine et renforcer sa position intransigeante lors de futures négociations.
L'ISW précise que les incursions russes sur le territoire ukrainien ne signifient pas un contrôle durable. Par exemple, certaines unités ont pénétré sur des portions de près de 630 km², mais ces avancées restent ponctuelles et ne sont pas consolidées. En effet, l'armée ukrainienne parvient à contenir ces offensives grâce à une contre-offensive menée au printemps et en été 2026, qui a freiné les progrès russes. Le contrôle d'un territoire implique non seulement d'y entrer, mais aussi de le maintenir, ce qui nécessite des ressources humaines et logistiques importantes. Les analystes de l'ISW notent que ces incursions temporaires ne changent pas fondamentalement la situation sur le terrain, où la ligne de front reste globalement figée.
Face aux avancées limitées de la Russie, l'Ukraine a adopté une stratégie offensive en profondeur. Depuis plusieurs mois, elle intensifie ses frappes contre les infrastructures russes, ciblant notamment la logistique, les dépôts de carburant et les sites industriels liés à l'armée. Ces attaques visent à perturber l'approvisionnement des troupes russes et à déplacer la pression loin des zones de combat direct. Par exemple, des pétroliers russes ont été coulés en mer Noire, provoquant des marées noires et affectant la capacité de la Russie à ravitailler ses forces. Cette approche permet à l'Ukraine de maintenir l'initiative stratégique malgré des gains territoriaux limités de la part de la Russie.
La ligne de front entre la Russie et l'Ukraine est pratiquement gelée depuis plusieurs mois, avec des combats limités et des gains territoriaux minimes des deux côtés. Cette situation s'explique par l'incapacité de la Russie à réaliser des percées significatives, malgré ses annonces triomphales. Le Kremlin, convaincu par des rapports exagérés de ses troupes, reste peu enclin à négocier, exigeant que l'Ukraine abandonne plusieurs régions et renonce à adhérer à l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord). Cependant, les objectifs militaires affichés par la Russie, comme la prise complète de certaines régions d'ici la fin de l'année 2026, semblent hautement improbables selon l'ISW. Cette rigidité pourrait prolonger le conflit, malgré l'absence de progrès concrets.
La propagande joue un rôle central dans la communication du Kremlin autour du conflit en Ukraine. Les chiffres avancés par Moscou, comme les 2 226 km² conquis, proviennent souvent de canaux officiels ou semi-officiels, comme le compte Telegram du ministère russe de la Défense. Ces annonces, largement contestées par des sources indépendantes comme l'ISW, visent à renforcer le moral des troupes et de la population russe. Cependant, elles peuvent aussi influencer la prise de décision au plus haut niveau, y compris celle de Vladimir Poutine. En effet, des informations erronées ou embellies remontent jusqu'au président, façonnant sa perception du conflit et l'incitant à maintenir une ligne dure, voire à rejeter toute négociation sérieuse.

