Au fond de grottes presque inaccessibles, les scientifiques tombent sur 7 guépards momifiés depuis des siècles
Sept guépards momifiés reposaient dans des grottes du désert saoudien, certains depuis plus de 4 000 ans. Leur ADN montre que deux sous-espèces différentes ont occupé la péninsule Arabique..
Des scientifiques ont découvert sept momies de guépards dans des grottes d'Iran, un fait rare et inattendu. Ces grottes, situées dans des zones difficiles d'accès, abritaient des restes d'animaux momifiés depuis plusieurs siècles. Les guépards, aujourd'hui en danger d'extinction, étaient autrefois plus répandus dans cette région. La momification naturelle, qui préserve les tissus organiques grâce à des conditions environnementales spécifiques comme l'absence d'humidité et une température stable, a permis à ces spécimens de traverser le temps presque intacts. Cette découverte offre une opportunité unique d'étudier ces animaux disparus et de mieux comprendre leur histoire évolutive et leur répartition passée.
Les grottes en question se trouvent en Iran, un pays d'Asie de l'Ouest connu pour sa biodiversité et ses paysages variés. L'Iran abrite encore une petite population de guépards asiatiques (Acinonyx jubatus venaticus), une sous-espèce menacée de guépard, distincte de celle d'Afrique. Ces animaux, autrefois présents dans une grande partie du Moyen-Orient, sont aujourd'hui confinés à quelques zones protégées en Iran. La découverte de ces momies dans des grottes iraniennes suggère que ces régions abritaient autrefois des populations plus importantes de guépards, avant leur déclin dû à la chasse, à la perte d'habitat et à d'autres pressions humaines.
Les momies de guépards représentent une ressource précieuse pour les chercheurs. En analysant l'ADN et les tissus de ces spécimens, les scientifiques peuvent retracer l'évolution génétique de l'espèce, étudier les maladies qui l'affectaient et comprendre les raisons de son déclin. Ces données pourraient aider à concevoir des stratégies de conservation plus efficaces pour sauver les guépards restants. Par ailleurs, la momification naturelle est un phénomène rare qui dépend de conditions environnementales très spécifiques, comme un taux d'humidité très faible et une température stable. L'étude de ces momies pourrait également fournir des informations sur le climat passé de la région.
Les guépards asiatiques sont aujourd'hui classés comme une espèce en danger critique d'extinction par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Leur population est estimée à moins de 50 individus à l'état sauvage, principalement en Iran. Les principales menaces pesant sur ces animaux incluent la perte d'habitat due à l'expansion agricole, la chasse illégale et les conflits avec les humains. La découverte de ces momies rappelle l'urgence de protéger les guépards restants et de préserver les écosystèmes qui les abritent. Des programmes de conservation, comme ceux menés par des ONG locales et internationales, tentent de sensibiliser les populations locales et de renforcer les mesures de protection.
Pour étudier ces momies, les scientifiques utilisent des techniques non invasives comme la tomodensitométrie (scanner médical) et l'analyse d'ADN ancien. Ces méthodes permettent d'examiner la structure interne des momies sans les endommager. Les chercheurs peuvent ainsi identifier des caractéristiques anatomiques, des traces de maladies ou des indices sur l'alimentation des guépards à l'époque de leur mort. Ces analyses sont essentielles pour reconstruire le passé de ces animaux et comprendre les facteurs qui ont contribué à leur déclin. Les résultats pourraient également avoir des implications pour la conservation d'autres espèces menacées.

